Le trouble dissociatif de l’identité
Sommaire
Le trouble dissociatif de l’identité, qu’est-ce que c’est ?
Le trouble dissociatif de l’identité est un trouble psychique complexe, méconnu et entouré de mythes. Il a été inclus dès 1994 dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (en anglais, DSM), puis en 2022 dans l’autre classification de référence pour les troubles psychiques, la classification internationale des maladies (CIM) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Comment le TDI se manifeste
Chez une personne concernée par le trouble dissociatif de l’identité (TDI), le sentiment d’identité, qui permet à chacune et chacun de savoir qui il est, se trouve perturbé. Son identité est divisée en plusieurs parties, comme si plusieurs personnes cohabitaient dans sa tête. Ces parties constituent autant de personnalités distinctes qui n’ont pas conscience les unes des autres. C’est la conséquence d’un phénomène qu’on appelle la dissociation (voir plus bas).
Quand un élément déclencheur, comme une odeur, un geste, un mot, une situation, vient lui rappeler une expérience traumatique passée, la personne passe d’une personnalité à l’autre, sans le vouloir. Elle peut alors changer de voix d’un seul coup, avoir une réaction émotionnelle inexpliquée ou décalée par rapport à la situation, ne pas se rappeler de choses qu’elle a dites ou faites dix minutes avant.
Certaines manifestations du trouble sont discrètes, d’autres frappantes. Ainsi, Mathilde Wahrheit (pseudo, pour les réseaux sociaux, d’une personne concernée par un TDI) a raconté à Psycom avoir retrouvé un matin, dans son armoire, des vêtements inconnus. Elle s’est dit qu’ils devaient appartenir à quelqu’un d’autre. En réalité, elle les avait achetés la veille mais ne se souvenait pas l’avoir fait. C’était d’autant plus déconcertant pour elle que ce nouveau tailleur ne correspondait pas du tout à son style vestimentaire habituel. Une de ses personnalités avait donc craqué pour une tenue chic sans que les autres ne le sachent.
Les scientifiques peinent encore à comprendre comment s’opèrent ces changements d’état et comment fonctionnent les amnésies. L’un des modèles qu’ils proposent table sur la coexistence, chez une personne concernée par un TDI, de une ou plusieurs « parties apparemment normales » (PAN) et d’une ou plusieurs « parties émotionnelles » (PE). On parle ici de la théorie de la dissociation structurelle de la personnalité, développée notamment par les chercheurs Onno van der Hart, Ellert R. S. Nijenhuis et Kathy Steele.
Les PAN désignent les parties de la personnalité dédiées à la gestion du quotidien et à la vie en société (en famille, au travail, avec les amis), tandis que les PE portent les expériences traumatiques. Les PE serviraient à « encapsuler » le traumatisme avec les émotions qui lui sont rattachées, pour protéger le reste du psychisme et permettre à la personne d’être fonctionnelle malgré tout.
On peut parler d’une organisation psychique compartimentée. Selon la professeur de psychiatrie Coraline Hingray, « certaines de ces parties ont véritablement un sens de soi, une perception du monde, des croyances, une manière d’agir qui leur sont propres. Beaucoup d’autres portent uniquement des émotions ou des souvenirs précis ».
Le professeur de psychologie Cyril Tarquinio précise : « Il ne s’agit pas d’avoir plusieurs personnes en soi, comme on le voit trop souvent dans les films. Dans le TDI, on présente plusieurs états de personnalité, chaque état pouvant prendre plus ou moins de place selon le moment et le contexte. Ces états peuvent avoir leur manière propre de percevoir le monde, de ressentir le corps, de réagir, de se souvenir, de parler ou d’entrer en relation avec autrui ».
« Lorsqu’un de ces états est enclenché, la personne peut avoir le sentiment de ne plus être tout à fait la même, de perdre le contrôle de certaines actions, poursuit Cyril Tarquinio. Elle peut ne pas reconnaître certaines émotions, certains comportements ou certains souvenirs comme lui appartenant pleinement. Il existe souvent des trous de mémoire qui dépassent les oublis ordinaires. Cela peut concerner des conversations, des achats, des déplacements, des moments de la journée ou des périodes plus anciennes de son existence ».
D’où vient le TDI
Le TDI est le plus souvent diagnostiqué à l’âge adulte mais selon l’hypothèse la plus admise, il trouve son origine dans les violences subies dans l’enfance, période dans laquelle la personnalité n’est pas encore construite. Il s’installe si ces violences surviennent à un âge précoce, sont répétées, durent dans le temps et si aucun des adultes proches de l’enfant ne joue le rôle de protecteur.
Contrairement à celui qui grandit dans une certaine sécurité, l’enfant ne parvient pas à rassembler des expériences trop difficiles, effrayantes ou contradictoires, dans une seule histoire de vie cohérente. Par nécessité, il se dissocie mentalement en plusieurs parties indépendantes, qui ne partagent pas forcément leurs informations. Cela permet qu’une de ces parties, n’ayant pas connaissance des traumatismes vécus, continue à côtoyer tous les jours des adultes qui ont commis des agressions sur lui ou bien des adultes qui n’ont pas la capacité d’accueillir sa détresse. Les autres parties, qui portent des émotions intenses comme la peur, l’effroi ou la honte, sont tenues à distance la plupart du temps.
Cette organisation se met en place dans l’enfance et perdure chez l’adulte, avec des conséquences importantes. Selon la CIM-11, le diagnostic du TDI est d’ailleurs posé quand les symptômes entraînent, « un déficit important dans les domaines personnel, familial, social, scolaire, professionnel ou d’autres domaines de fonctionnement importants ».
Un long parcours pour le diagnostic
Un ensemble de critères
Une ou un psychiatre peut poser un diagnostic de TDI après avoir repéré l’ensemble des éléments suivants, selon le psychologue Eric Binet, ancien président de l’Association Francophone du Trauma et de la Dissociation (AFTD) :
- plusieurs états de personnalité distincts (appelés aussi parties),
- des discontinuités de soi, c’est-à-dire le fait de ne pas se percevoir comme une seule et même personne dans le temps,
- un impact sur la capacité à exécuter les tâches du quotidien,
- des amnésies liées à la dissociation.
Une confusion possible avec d’autres troubles
Les symptômes du TDI peuvent parfois être confondus avec ceux des troubles schizophréniques. Dans les deux troubles en effet, les personnes concernées peuvent entendre des voix. Mais dans les troubles schizophréniques, elles ont le plus souvent la sensation que les voix viennent de l’extérieur, au point de se retourner parfois pour chercher qui leur parle. Dans le TDI, les personnes ressentent ces voix comme intérieures.
Le TDI peut aussi être confondu avec les troubles bipolaires, qui impliquent des changements d’humeur. On retrouve ces changements chez les personnes concernées par un TDI lorsqu’un nouvel état de personnalité fait irruption. Par exemple, un visage réjoui laisse place d’un seul coup à une expression maussade. Mais les manifestations du TDI ne se limitent pas à des variations dans les émotions. Il y a par exemple les amnésies, qu’on ne retrouve pas dans les troubles bipolaires.
Du temps et de la sécurité
Le parcours pour le diagnostic dans le TDI est long. Il demande :
- la consultation d’une psychiatre et/ou d’un psychologue spécialisé dans la prise en charge des traumatismes complexes (pour leur définition, voir notre article dédié au trouble de stress post-traumatique),
- du temps, notamment quand d’autres diagnostics posés par le passé doivent être ré-examinés puis réfutés,
- une relation avec la ou le psychothérapeute suffisamment sécurisante, préalable à une évaluation clinique menée sur plusieurs entretiens.
Des obstacles au diagnostic
Une difficulté que rencontrent les professionnels de la santé mentale pour diagnostiquer le TDI est la capacité des personnes concernées à masquer leurs symptômes. Elles se sont habituées à les cacher aux autres pour ne pas susciter l’incrédulité, les moqueries ou le rejet. Ce camouflage s’active comme un réflexe quand la personne ne se sent pas assez en sécurité pour évoquer ce qui la traverse. Elle peut aussi se cacher ses symptômes à elle-même ou ne pas en tenir compte, pour se sentir plus efficace dans les tâches de la vie quotidienne.
Un autre obstacle tient aux professionnels eux-mêmes. Ils peuvent méconnaître ou sous-estimer la souffrance des petits et des tout-petits en lien avec les maltraitances, notamment sexuelles mais pas seulement. Parfois, la réalité, trop dure, ne peut simplement pas être regardée en face, comme le suggère l’ouvrage collectif Évaluer et prendre en charge le trouble dissociatif de l’identité, dirigé par Éric Binet (Editions Dunod, 2025).
Un diagnostic encore rarement posé
En France, le diagnostic de trouble dissociatif de l’identité est peu posé. On peut penser que des personnes consultent sans qu’il soit évoqué. En effet, de nombreux psychiatres et psychologues ne connaissent pas ou peu le TDI, ils ne sont pas formés à le repérer. Certains réfutent la validité de ce diagnostic, estimant qu’il s’agit d’une pathologie imaginaire, ou bien qu’elle n’est pas différente du trouble de stress post-traumatique.
Sur le fond, un débat anime la communauté médicale et scientifique internationale : le TDI constitue-t-il bien un trouble spécifique, comme l’indiquent les deux classifications de référence ? Ou devrait-il être considéré comme une forme sévère de trouble de stress post-traumatique ? En tout cas, de nombreuses études scientifiques ont montré, grâce à l’imagerie cérébrale, qu’il existe des marqueurs spécifiques liés à l’activité du cerveau chez les personnes concernées par un TDI.
Quand notre cerveau tente de surmonter un traumatisme
Une enfance empreinte de violences
[AVERTISSEMENT] Dans cette partie, nous nommons les violences que peuvent avoir subies les personnes qui développent un TDI. Nous pensons important de les mentionner parce que certaines ne sont pas toujours perçues comme telles alors qu’elles peuvent constituer un des facteurs d’apparition du TDI. Vous pouvez décider de passer cette partie, cela ne nuira pas à la compréhension de la suite de l’article.
En général, le TDI est associé à des expériences traumatiques répétées et difficilement évitables durant l’enfance. Les scientifiques le considèrent aujourd’hui comme un mécanisme de survie, dans un contexte où l’enfant, parce qu’il est un enfant, est dépendant des personnes qui exercent les violences. « Ces violences peuvent être des agressions sexuelles ou des viols caractérisés, répond le professeur de psychologie Cyril Tarquinio. Mais il peut s’agir aussi d’attouchements, d’exposition à la sexualité adulte, d’un climat incestuel, d’exploitation sexuelle, de menaces sexualisées, de contraintes corporelles, avec les violences émotionnelles qui leur sont associées. La culpabilisation chez l’enfant, l’injonction au silence, la manipulation, l’inversion de responsabilité et la terreur de ne pas être cru participent à la sévérité du trouble ».
Et de poursuivre : « Il peut s’agir aussi de violences physiques, telles que des coups, des violences psychologiques, par exemple des humiliations, des menaces ou de l’emprise, mais aussi de négligences affectives sévères, de climat familial chaotique, de secret ».
Ainsi, lors de son diagnostic de TDI, Mathilde Wahrheit, 50 ans, a fait le lien avec les négligences et les violences subies dans son enfance. Elle a grandi avec des parents séparés. Sa mère avait la garde des deux enfants mais ne s’en occupait pas du tout, explique-t-elle à Psycom. Dès l’âge de 6 ans, Mathilde se rendait seule en bus à l’école, malgré un trajet de 40 minutes, parfois sans ticket ou sans goûter. Sa mère sortait pendant un temps avec un jeune homme de 18 ans, se promenait nue à la maison, s’asseyant en tailleur pour faire ses ongles devant ses enfants.
Dans ce contexte familial particulier, où les enfants étaient le plus souvent livrés à eux-mêmes, Mathilde a subi des agressions sexuelles et des viols par son frère aîné. Elle a subi d’autres violences de même nature à l’extérieur de la maison, quand elle faisait seule le trajet pour l’école.
Un entourage familial qui ne protège pas, ni ne rassure
Les violences n’entraînent pas le trouble à elles seules. Le TDI se développe quand l’enfant, en plus, « n’a pas pu être consolé, ni aidé pour intégrer ce qu’il vivait », affirme le psychologue Éric Binet. Par exemple, un enfant raconte à un adulte une violence qu’il a subie. Il n’est pas écouté ou pas cru, et n’est donc pas réconforté.
Cyril Tarquinio confirme que le cadre dans lequel se produisent les violences entre en jeu. Il peut s’agir d’un contexte familial particulier, avec un entourage qui ne protège pas ni ne rassure, ou bien de circonstances exceptionnelles comme la guerre, si les adultes ne peuvent plus jouer leur rôle sécurisant . « La précocité des agressions, souligne-t-il, leur répétition, l’intensité de la peur ressentie par la victime, la confusion affective quand l’agresseur de l’enfant évolue dans l’entourage proche (parent, fratrie, cousin,…), l’emprise de l’adulte sur l’enfant, le silence familial, la honte et l’absence d’un adulte protecteur sont des dimensions majeures dans l’apparition d’un TDI ».
Le TDI se développe donc moins à partir d’un événement isolé qu’à partir d’un environnement traumatisant où l’enfant est confronté à l’insupportable de manière précoce, sans être protégé ni rassuré.
L’enfant, parce qu’il dépend des adultes pour sa survie, doit pouvoir placer sa confiance dans l’un de ses proches. Quand cette personne n’apporte pas la protection attendue (voire qu’elle exerce elle-même des violences), l’enfant vit une expérience qui relève de la trahison. A ce sujet, la psychologue américaine Jennifer Freyd parle de « traumatisme de trahison ». Autrement dit, cette trahison constitue, en elle-même, un traumatisme qui vient s’ajouter à celui des violences subies. La professeur de psychiatrie Coraline Hingray souligne : « Quand la violence vient d’un proche, son impact est décuplé [comparé à celle exercée par une personne extérieure au cercle familial] ». La seule réponse possible quand le traumatisme est chronique est de se dissocier, autrement dit de se déconnecter de cette réalité, de ses émotions et de ses souvenirs.
Un mécanisme de défense qui se met en place : la dissociation
La dissociation se met en place, face à un danger, quand les autres mécanismes de défense propres à l’être humain se sont révélés inefficaces ou insuffisants. En cas de menace, le cerveau fonctionne de manière inhabituelle. Nous sommes incapables de réfléchir et nous passons en mode automatique, comme le montrent les recherches en neurosciences. Ainsi, notre premier réflexe est de nous figer. C’est ce que les professionnels de la santé mentale appellent en anglais le « freeze », pour « geler ».
On peut ensuite réagir par la fuite ou par le combat contre l’agresseur. Mais ces deux modes peuvent rarement être activés quand on est un enfant face à un adulte ou face à un enfant plus âgé. Un autre mode possible s’appelle, en anglais, le « flop », pour « effondrement ». Il s’agit d’un réflexe qui consiste à se laisser choir, aussi inerte qu’un vêtement posé sur l’accoudoir d’un fauteuil, à faire le mort.
La professeur de psychiatrie Coraline Hingray évoque encore un autre réflexe appelé en anglais le « fawn », qui signifie « flatter, courtiser ». « Quand on est face à des violences répétées dans l’enfance, exercées par une figure adulte, contre laquelle on ne peut rien, on mobilise une capacité de suradaptation qui consiste à tenter d’amadouer son agresseur, explique-t-elle. On peut par exemple devenir serviable. On va apporter une petite bière à son papa, lui masser les épaules pour le détendre, en espérant qu’ainsi, il ne va pas taper ».
Quand ces réflexes n’ont pas permis d’écarter le danger, il reste un dernier mécanisme de protection, la dissociation. La violence se produit, mais la personne a le sentiment d’être coupée d’elle-même et de ses émotions, comme si elle était anesthésiée. On dit que la personne « se dissocie ». Il s’agit d’un mode d’adaptation du cerveau face à une situation traumatisante, indépendant de la volonté. On compare souvent la dissociation au disjoncteur qui coupe l’électricité dans la maison en cas de surtension.
La dissociation peut se produire une seule fois, en lien avec un événement précis. Dans certains cas, elle peut se répéter par la suite, même en l’absence de menace réelle. La personne connaît des moments de dissociation. C’est le cas, notamment, dans le trouble de stress post-traumatique avec dissociation. Dans le TDI, la personne est dissociée. C’est un état. Elle passe d’une partie dissociative à une autre au cours de la journée.
Mathilde Wahrheit témoigne auprès de Psycom de la période où elle était fortement dissociée, vers l’âge de 30 ans. Elle avait nommé l’une de ses parties « Bob », une sorte de redresseur de torts qui prenait la main sur les autres parties quand la violence menaçait. C’était celui qui n’avait peur de rien, qui se dressait en justicier dans les situations critiques. Mathilde précise : « Quand Bob sortait, je me sentais aussi forte qu’un grand costaud ».
À cette époque, elle voit un couple sortir de la maison d’en face, ça parle fort. L’homme est visiblement menaçant, la femme effrayée. Mathilde, devenue Bob face à la situation, marche vers eux d’un pas décidé, se plante devant l’homme, le fixe, s’adresse à lui d’une voix masculine et avec un aplomb déroutant, lui dit : « Tu la laisses ».
Dominique B., la meilleure amie de Mathilde, était présente ce jour-là. Elle se souvient très bien de la scène. « Quand on a vu le couple sortir, j’ai pensé à appeler la police, à crier pour que l’homme comprenne qu’il y avait des témoins et renonce à s’en prendre à sa compagne, raconte-t-elle à Psycom. Mathilde, elle, est allée au-devant du danger, avec sa puissance de Bob, alors qu’elle est toute menue… Etonnamment, ce Bob faisait partie de Mathilde, il n’était pas complètement autre. Pour moi, chacune de ses parties était véritablement une partie d’elle ».
D’après le professeur de psychologie Cyril Tarquinio, le TDI s’explique par une organisation dissociative de la personnalité. Dans la vie quotidienne, l’une des parties de la personne lui permet de fonctionner de manière apparemment adaptée. Elle peut travailler, s’occuper de sa famille, tenir son rôle socialement. D’autres parties restent liées à des vécus traumatiques (humiliations, agressions), à des émotions intenses (peur, colère), à des systèmes de défense spécifiques (fuite, immobilisation, soumission, appel à l’aide, combat).
À tout moment, un élément du présent peut réactiver un état traumatique ancien et faire surgir la partie qui le porte. Il peut s’agir d’une voix du même timbre que celle de l’agresseur, de la proximité des corps dans une situation intime, d’un conflit qui fait revivre à la personne l’adversité vécue dans l’enfance. Elle ne réagit plus seulement à la situation actuelle. Elle réagit aussi à ce que cette situation ressuscite de son histoire.
Ce qui se passe dans le TDI
À la question « Que se passe-t-il dans le TDI », la seule réponse que l’on peut donner avec certitude, c’est qu’il n’existe pas encore de modèle général pour expliquer d’où ses manifestations proviennent. Les chercheurs proposent différentes théories sur la manière dont fonctionne le cerveau avec ce trouble ; les psychiatres et les psychologues avancent des hypothèses en fonction des observations qu’ils font dans leur cabinet ou dans leur service ; les personnes concernées rapportent des expériences qui collent le plus souvent – mais pas toujours – avec les théories.
Nous avons pris le parti, dans cette partie de l’article, de raconter le TDI du point de vue des personnes concernées et de leurs proches. Aujourd’hui installée au Canada et rétablie, Mathilde Wahrheit témoigne pour briser l’isolement des personnes concernées par le TDI et aider à une meilleure compréhension du trouble. La manière dont elle évoque ce qui se passait dans sa tête avant d’entamer sa thérapie est très imagée.
Il faut se représenter les différentes parties embarquées dans une voiture. Mon corps, c’est la voiture. Il y a les parties qui sont assises devant. Tour à tour, elles prennent le volant, elles montent au front pour assurer les tâches de la vie quotidienne. Parfois, la partie qui conduit a un copilote, les décisions se prennent à deux. Sur la banquette arrière, une partie plus calme, plus observatrice, est assise. Elle peut donner des conseils à la partie qui conduit. Occasionnellement, ça crie dans le coffre, on entend des parties qui protestent, un genre de brouhaha dans lequel on ne distingue pas bien les paroles.
Vu de l’extérieur, le TDI reste la plupart du temps invisible. Toutefois, le basculement d’une partie à l’autre peut interpeller les proches, à condition qu’ils soient attentifs. Ainsi, la meilleure amie de Mathilde, Laurence (le prénom a été changé), se souvient avoir été témoin d’un tel épisode, dans lequel une partie enfant a remplacé une partie adulte. Mathilde avait alors 30 ans.
Je trouvais que Mathilde mangeait trop peu, elle avait perdu beaucoup de poids en peu de temps. Alors je l’ai invitée chez moi et j’ai cuisiné pour nous deux. Je lui ai dit : « tu n’as rien mangé aujourd’hui, je m’occupe de toi, je te fais des bonnes pâtes ». C’est mon côté maternant. On se parlait et soudain, elle ne m’a plus répondu. Je l’ai regardée, elle était d’un seul coup toute gamine, avec des yeux immenses, aussi ronds et stupéfaits que ceux d’un enfant. Elle avait l’air complètement perdue. Elle ne disait rien, comme si elle était revenue à cet âge où on ne fait que ressentir les choses, c’était flagrant sur son visage. Je me suis assise à côté d’elle, pour être au même niveau. Je lui ai tendu une fourchette pour qu’elle commence à manger. On est resté comme ça de longues minutes, sans parler, le temps qu’elle finisse ses pâtes. Puis, j’ai vu émerger la Mathilde que je connais, tout doucement. Quand elle est revenue à elle, elle éprouvait une immense fatigue, comme si elle rentrait d’un voyage éreintant.
[AVERTISSEMENT] Dans le paragraphe ci-dessous, nous nommons des violences subies par une personne qui a développé un TDI. Vous pouvez décider de passer ce paragraphe, cela ne nuira pas à la compréhension de la suite de l’article.
La manière dont Maïlé Onfray, 42 ans, elle aussi rétablie d’un TDI, décrit ce qui se passait dans sa tête, est précis, circonstancié. Pour mieux se faire comprendre, cette pair-aidante professionnelle (elle accompagne des personnes concernées par le TDI ou le trouble de stress post-traumatique complexe) prend la peine de revenir sur son enfance.
Maïlé a vécu avec ses parents dans une communauté catholique à dérive sectaire, de sa naissance jusqu’à l’âge de 28 ans. Elle raconte à Psycom avoir grandi sous l’emprise du chef de la communauté et de sa femme. Les violences sexuelles à son encontre auraient commencé vers ses 2 ans, selon ses recoupements. Le chef se posait en figure paternelle, subvenant à ses besoins tout en l’agressant presque quotidiennement, affirme-t-elle. L’homme avait édicté des règles pour éloigner les parents de leurs enfants, ce qui lui a permis de poursuivre ses agissements sur elle et d’autres enfants. Maïlé a porté plainte en 2023 contre le chef de cette communauté et sa femme. En 2026, l’enquête est toujours en cours.
Maïlé a longtemps occulté les nombreux traumatismes de son enfance et « oublié » des tâches qu’on l’avait forcée à faire. Avec le diagnostic, elle a découvert que c’était la conséquence de l’organisation dissociative de son identité. Ainsi, une de ses parties était dédiée aux seules séances de « confessions » avec le chef – cette partie n’avait pas connaissance des autres violences. Une autre partie avait la particularité de détester cet homme, sans que la partie au contact direct avec lui dans le quotidien ne le sache.
Ces différentes parties n’ont pas disparu à l’âge adulte. Avant son rétablissement, elles se manifestaient par surprise, comme ce jour où Maïlé enseignait les mathématiques à ses élèves. D’un seul coup, elle ne savait plus faire une addition et s’était mise à compter sur ses doigts. Elle n’a compris que plus tard l’origine de sa soudaine ignorance : le basculement vers l’une de ses parties restée enfant.
L’amnésie dissociative
L’amnésie dissociative est l’un des symptômes majeurs du TDI. Il s’agit de l’incapacité à se rappeler des souvenirs importants de sa vie, généralement liés à des événements traumatiques. Il ne s’agit pas d’un oubli ordinaire, tel que le fait de ne pas retrouver son code de carte bleue. L’oubli est d’une autre nature.
Dans ces formes d’amnésie, l’information est stockée dans le cerveau à un endroit inaccessible à la conscience, pour protéger la personne. Cela lui permet de continuer à agir au quotidien, faire des courses, prendre ses repas, sans être envahie et paralysée par des souvenirs insupportables.
Chez les personnes concernées par un TDI, il peut y avoir plusieurs types d’amnésie :
- celle de la vie quotidienne, la plus handicapante (la personne ne se souvient pas d’avoir eu telle conversation, d’avoir fait tel achat, de quelle façon elle est arrivée à tel endroit),
- celle qui survient après un événement traumatique et bloque son souvenir,
- celle qui couvre des périodes entières de la vie.
Les professionnels de la santé mentale observent aussi ce qu’ils appellent l’amnésie de l’amnésie. Le plus souvent, la personne n’est pas ou peu consciente de ses trous de mémoire. Elle « oublie » qu’elle a oublié.
La personne peut aussi minimiser l’importance de ses trous de mémoire, les considérant comme une simple bizarrerie ou bien se jugeant lunatique. Tout ce temps, elle n’en parle pas à son médecin, ce qui peut retarder le diagnostic du TDI.
Par ailleurs, cette amnésie de l’amnésie peut entraîner la sensation de ne pas avoir de contrôle sur sa vie, de ne pas pouvoir s’appuyer sur ses expériences passées pour savoir quoi faire dans le présent, et renforcer le sentiment de solitude.
Trois notions utiles pour comprendre le TDI
La dépersonnalisation
La dépersonnalisation est un problème au niveau de la perception de soi. Elle consiste, de manière répétée et sur un temps long, à avoir le sentiment de se détacher de soi et de devenir observateur de sa propre vie, comme un spectateur devant un film. Elle se caractérise par une impression d’étrangeté.
C’est une forme de dissociation qui advient lors d’un événement susceptible d’engendrer un traumatisme, par exemple une agression physique. On peut l’expérimenter longtemps après l’événement quand on vit avec un TDI.
La déréalisation
La déréalisation est le sentiment de ne plus percevoir son environnement comme avant. On peut avoir l’impression que l’espace autour de soi est devenu plus vaste ou plus petit, que le temps passe plus vite, que tout est irréel, comme dans un rêve, ou que les autres sont comme des robots.
Très vite, cela peut entraîner le sentiment d’être déconnecté de la réalité, de vivre dans une autre dimension, un monde parallèle. La déréalisation peut survenir dans un moment traumatique. Dans le TDI, elle peut réapparaître sur des périodes plus ou moins longues.
[Avertissement : témoignage décrivant des faits de violence] Quand je passais d’une partie à l’autre - je « switchais » -, je mettais du temps à m’en remettre, c’était épuisant. Je basculais à cause d’un déclencheur qui pouvait être un son, une odeur, une sensation… À une époque, il suffisait d’une légère pression sur le nez. Parce que cette sensation m’évoquait la pression de l’oreiller sur mon visage lors des viols commis par mon frère. Lorsque je switchais, autour de moi tout se mettait à être comme dans un film de science-fiction, tout était bizarre.
La confusion de l’identité
La confusion de l’identité est un changement rapide des états de soi, qui se manifeste par des fluctuations extrêmes de l’humeur et du comportement. Ces changements peuvent être inattendus. La personne passe du calme à l’agressivité ou d’un comportement adulte à une attitude d’enfant. Elle peut se plaindre de douleurs à un endroit, et ensuite à un autre.
La confusion de l’identité est propre au TDI. Elle vient du fait que chacune des parties qui alternent peut avoir des peurs, des vulnérabilités, des envies, des goûts distincts (alimentaires, vestimentaires, loisirs).
Des signes auxquels prêter attention
La professeur de psychiatrie Coraline Hingray qualifie le trouble dissociatif de l’identité de pathologie “caméléon” parce qu’il est fréquemment masqué derrière une façade sociale convaincante. Cependant, certains signes peuvent alerter.
Nous avons réuni ceux cités par les professionnels de la santé mentale et les personnes concernées que nous avons interrogés :
- trouver chez soi des objets (vêtements, bijoux, peluches, cigarettes) que l’on ne se rappelle pas avoir achetés ou dont on ignore la provenance,
- se retrouver dans un endroit sans savoir comment ni pourquoi on y est allé,
- ne plus savoir ce que l’on a dit ou fait la veille,
- minimiser ses trous de mémoire,
- ne pas avoir conscience qu’on ne se souvient pas de tout, alors que des proches le font remarquer.
Le basculement d’un état de personnalité à un autre (ou switch) peut se remarquer à travers les signes suivants :
- manifester d’un seul coup des préférences vestimentaires, alimentaires ou des centres d’intérêt radicalement différents de ses goûts habituels (par exemple, acheter un tailleur alors qu’on s’habille toujours en jeans),
- avoir la sensation intérieure d’être “plusieurs”, d’avoir des “facettes”, ou ne plus se reconnaître dans le miroir,
- quand on est un proche, remarquer chez la personne des modifications de la voix, de la manière de se tenir, de l’expression du regard ou même de l’écriture.
Dans le TDI, on peut ressentir que des éléments viennent s’imposer à sa conscience à certains signes :
- entendre des voix dans sa tête qui commentent, donnent des ordres ou se disputent entre elles,
- se sentir comme un observateur de ses propres actions (ou de ses paroles, de ses émotions) sans pouvoir les arrêter, par exemple, s’entendre crier ou se voir agir de manière impulsive sans se reconnaître dans l’acte posé,
- ressentir des désirs ou des sentiments totalement contradictoires en même temps (par exemple, aimer et détester une personne).
L’organisation dissociative de la personnalité peut se manifester par des signes physiques ou des comportements particuliers :
- la vue qui se trouble de façon soudaine,
- le rythme cardiaque qui s’accélère d’un coup, pouvant même atteindre le rythme élevé d’un nouveau-né,
- la tolérance à la douleur qui augmente,
- des crises qui ressemblent à de l’épilepsie, des paralysies, des anesthésies, des douleurs ou un trouble de la marche sans lésion identifiée,
- des comportements à risque, comme l’automutilation, des addictions ou des conduites sexuelles dangereuses, qui sont souvent des moyens de réguler une tension interne insupportable liée à l’organisation dissociative.
Un vocabulaire autour du TDI qui pose question
Le TDI implique des mécanismes invisibles, qui touchent au fonctionnement du cerveau. Ils sont liés à la manière dont le cerveau traite les informations, les stocke dans la mémoire puis les rend, ou non, disponibles pour atteindre la conscience. Ce sont des notions que les spécialistes en neurosciences commencent seulement à pouvoir décrire. Aussi, les mots manquent, le plus souvent, quand on vit avec un TDI et qu’on tente de raconter son expérience.
En France, les personnes concernées se trouvent souvent isolées et peinent à recouper le peu d’informations fiables et accessibles qui existent sur le TDI. Sur les réseaux sociaux, elles trouvent des personnes qui partagent les mêmes symptômes. Cela a pour effet de diminuer les sentiments de honte et d’exclusion qu’elles éprouvent. Cela favorise aussi les échanges sur leurs expériences personnelles et leur permet de recevoir un écho bienveillant à leurs ressentis.
Depuis quelques années, des communautés voient le jour sur Instagram, Tik Tok ou YouTube, empruntant leur vocabulaire à l’anglais. Les ressources en français sont en effet moins nombreuses. Ce lexique permet aux personnes qui se questionnent sur un éventuel TDI de se comprendre et de partager leurs observations.
Ainsi, les personnes y parlent volontiers de :
- « switch » pour évoquer un soudain changement d’état de personnalité,
- « alter » pour désigner les différentes parties qui cohabitent en soi,
- « front », pour la ou les parties qui se mettent en avant afin d’interagir avec le monde extérieur,
- « système » pour qualifier un fonctionnement s’appuyant sur plusieurs parties,
- « innerworld » au sujet du monde intérieur.
Certains professionnels de la santé mentale s’inquiètent de ce nouveau langage qui favorise, selon eux, des récits simplifiés, parfois romancés. Il pourrait véhiculer des idées fausses sur le TDI et amener, à tort, des personnes vers ce diagnostic. Plusieurs d’entre eux soulignent que les caractéristiques des réseaux sociaux encouragent la mise en scène du trouble et de ses aspects les plus spectaculaires, ce qui ne correspond pas à ce qu’ils observent chez leurs patients. Dans leur expérience, les personnes qui vivent avec un TDI camouflent plutôt leurs symptômes, éprouvent une grande difficulté à parler de leur monde intérieur et à identifier ce qui se passe en eux.
D’autres professionnels, à l’inverse, considèrent l’émergence de ce vocabulaire comme nécessaire et utile. Ils y voient le signe que la nouvelle génération de patients se mobilise et participe activement à son rétablissement.
Quelques idées reçues sur le TDI
« Le TDI n’existe pas ».
EN FAIT : Le TDI figure dans les deux classifications internationales utilisées en psychiatrie, la CIM-11 et le DSM-5. « Les études montrent qu’il est sous-diagnostiqué ou mal identifié par les professionnels de la santé mentale, précise le psychologue Eric Binet. On ne peut pas diagnostiquer une maladie que l’on ne connaît pas, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas ».
« Les personnes concernées par un TDI sont dangereuses pour les autres ».
EN FAIT : Leur comportement peut paraître étrange, ce qui ne veut pas dire dangereux. « Cette représentation vient d’une confusion persistante entre trouble mental, étrangeté et violence, estime le professeur de psychologie Cyril Tarquinio. Dans la très grande majorité des cas, les personnes concernées par des troubles dissociatifs sont d’abord des personnes qui ont été exposées à la violence, beaucoup plus que des personnes qui feraient courir un danger aux autres ».
« Les traumatismes oubliés qui remontent dix ou vingt ans après ne sont que de faux souvenirs, induits par la psychothérapie »
EN FAIT : Lorsqu’une personne concernée par un TDI parvient à se remémorer des événements graves qui lui sont arrivés, notamment dans l’enfance, elle peut être confrontée à des soignants ou un entourage qui ne la croient pas, tant la gravité des faits peut être sidérante pour ses interlocuteurs.
Quel traitement dans le TDI
Il est possible d’aller mieux avec un TDI. Un traitement adapté peut aider à mener une vie satisfaisante. Il repose sur des psychothérapies et d’autres techniques efficaces dans le psychotraumatisme. Aucun médicament n’est validé scientifiquement dans ce trouble. Cependant, des médicaments peuvent être prescrits pour traiter d’autres troubles présents en plus du TDI.
Le rétablissement dans le TDI
Il est possible de se rétablir d’un TDI. Le traitement a pour objectif d’intégrer peu à peu toutes ses parties pour présenter, au bout du compte, un soi unifié. C’est la position adoptée par la Société internationale pour l’étude du trauma et de la dissociation (en anglais, ISSTD), présentée dans ses “lignes directrices du traitement du TDI chez les adultes” publiées en 2011.
Certains professionnels de la santé mentale considèrent cependant que l’essentiel est d’être moins envahi par les symptômes du TDI au quotidien. Dans cette perspective, on ne cherche pas à voir disparaître l’organisation interne en différentes parties, mais à ressentir une plus grande continuité de soi. On parle de coopération entre les parties. Pour la professeur de psychiatrie Coraline Hingray, l’objectif est d’obtenir une meilleure communication et compréhension entre les différentes parties, et plus de contrôle sur les basculements d’une partie de soi vers une autre.
Une fois que j’ai été diagnostiquée, j’ai pu entamer un travail thérapeutique, qui a duré dix ans et m’a permis de me rétablir. Je ne “switche” plus, c’est-à-dire que je ne bascule plus d’une partie à une autre. Désormais, je peux accéder directement à la mémoire de plusieurs de mes parties, quand je le souhaite. Ainsi, je peux retrouver les informations qu'elles détiennent. Parfois, je reconnais chez moi des postures, des gestes ou des réactions qui, par le passé, relevaient de ces parties. Aujourd'hui, toutes ces réactions sont miennes.
Pour moi, Mathilde est rétablie. Après, j’ai noté un voile de mélancolie qui peut apparaître dans son regard, de temps à autre. Mathilde est bien là, mais j’imagine qu’elle ressent comme une forme de tristesse. Dois-je réagir ? Je n’en suis pas sûr, elle a déjà parcouru un tel chemin…
Aujourd’hui, plusieurs de mes parties auparavant dissociées se sont réunies. À chaque nouvelle partie qui s'intègre, j’ai la sensation qu’un fil de plus se coupe avec mon passé traumatique. J’ai repris le contrôle sur mes réactions. Je suis maintenant capable de repenser aux événements passés avec des émotions en phase avec le présent. Dans ces moments, je ressens de la tristesse, de la colère vis à vis des agresseurs et de l’amour envers moi-même. Mon objectif reste l’intégration de toutes mes parties, parce que la présence de parties dissociatives est en elle-même une souffrance intense. Je continue à marcher sur un terrain miné où tout peut les réactiver. Et une réactivation, cela veut dire des émotions négatives très fortes, des engueulades et des luttes internes. Chaque partie combat les autres pour faire valoir son point de vue, défendre ce qu'elle croit nécessaire à notre survie. Cela crée de l'épuisement, une surcharge corporelle et émotionnelle infernale. Certains psychothérapeutes ne jugent pas indispensable d'intégrer toutes les parties, mais c'est au patient de déterminer jusqu'où il veut aller.
La psychoéducation
La psychoéducation consiste à recevoir des informations sur le trouble, ses symptômes et les moyens d’y faire face, de la part de professionnels spécialisés dans les troubles dissociatifs, de la part de professionnels spécialisés dans les troubles dissociatifs, qu’ils soient psychiatres, psychologues ou pair-aidants. Elle permet de mieux comprendre ce qui nous arrive, de limiter l’anxiété ou la honte face aux symptômes.
La psychoéducation débute généralement avec la psychothérapie. Ainsi, la psychologue Emmanuelle Vaux-Lacroix commence par expliquer à ses patientes et ses patients que le TDI est « une réaction normale à des événements anormaux ». Cela permet de remettre du sens, là où certaines personnes se considèrent comme « folles ».
La psychothérapie
Pour se rétablir d’un TDI, les psychiatres et les psychologues spécialisés dans ce trouble préconisent en général une psychothérapie en trois étapes. Le traitement se fonde notamment sur des thérapies cognitives et comportementales centrées sur le traumatisme.
D’abord, la stabilisation. C’est l’étape essentielle, souvent la plus longue. Elle vise à installer la sécurité, une meilleure régulation des émotions, l’amélioration du quotidien et la “coopération” entre les parties. Par coopération, on entend le fait que les parties, ayant acquis une meilleure connaissance des particularités de chacune, peuvent mobiliser celle qui est la plus pertinente en fonction des circonstances.
Ensuite, le traitement des traumatismes. Une fois que la personne a les outils pour faire face à des émotions intenses, on travaille sur les souvenirs traumatiques pour réduire leur impact. On peut pour cela utiliser la technique de l’EMDR (voir plus bas).
Troisième et dernière étape, l’intégration et la réhabilitation. Cette phase consiste à construire une identité plus unifiée et à se projeter dans une nouvelle vie.
Ce cheminement progresse souvent par à-coups. Il dure plusieurs années.
L’EMDR ou la désensibilisation et le retraitement par les mouvements des yeux
L’EMDR (pour eye movement desensitization and reprocessing) est une technique de désensibilisation et de retraitement par les mouvements des yeux. Elle repose sur l’idée que certaines pensées, sentiments ou comportements négatifs de la personne découlent de souvenirs d’un ou plusieurs événements traumatisants que le cerveau n’a pas pu assimiler correctement. Pour une description de cette technique, consulter notre page dédiée au stress post-traumatique, en cliquant sur la rubrique « Les thérapies ».
Les thérapeutes insistent sur la nécessité d’attendre que l’étape de stabilisation soit franchie (voir plus haut) pour commencer les séances d’EMDR. Si ce travail démarre trop tôt, il risque d’augmenter l’impact des souvenirs traumatisants au lieu de le diminuer.
Si l’EMDR est un outil utile pour viser le rétablissement dans le TDI, il doit être pratiqué avec une ou un thérapeute expérimenté, attentif à stabiliser d’abord le système intérieur, puis à respecter le rythme d’intégration adapté à chaque partie.
L’hypnose médicale
L’hypnose médicale est considérée comme utile par les professionnels spécialisés dans le trouble dissociatif de l’identité. Elle peut être proposé au cours de la psychothérapie. L’état d’hypnose est un phénomène courant dans lequel la conscience n’est plus tout à fait la même, on dit qu’elle est modifiée. Par exemple, en voiture, lorsque l’on regarde défiler le paysage et qu’on perd la notion du temps, on est dans un état d’hypnose.
Cet état peut être provoqué par un thérapeute. On est alors plus sensible à ses suggestions, qui peuvent aider à focaliser l’attention sur autre chose que sur les symptômes. Des séances d’hypnose peuvent aider durant l’étape du traitement des traumatismes, pour apaiser les émotions les plus intenses. Par ailleurs, la psychologue Emmanuelle Vaux-Lacroix note que l’hypnose médicale peut être un recours pour induire du calme, une détente corporelle.
Si on constate une certaine efficacité, le thérapeute peut aussi proposer à sa patiente ou son patient de s’entraîner à l’auto-hypnose. Il s’agit de pratiquer chez soi les exercices les plus simples, quand on en ressent le besoin.
Comme l’EMDR, l’hypnose peut réactiver des souvenirs traumatiques. Il faut donc prêter attention au moment choisi pour y recourir. La stabilisation est une étape préalable indispensable avant les séances d’hypnose.
Quand un autre trouble est associé
Le TDI s’accompagne souvent d’autres troubles psychiques, notamment le trouble de stress post-traumatique (TSPT), les troubles des conduites alimentaires (TCA) et les troubles anxieux.
Les professionnels de la santé mentale s’accordent à dire qu’après un diagnostic de TDI, il ne faut pas attendre d’avoir traité le TDI pour traiter un autre trouble. On peut traiter les deux simultanément. La prise en compte du TDI doit permettre une prise en charge plus efficace de l’autre trouble.
Vers qui se tourner
Quand on se questionne sur un éventuel trouble dissociatif de l’identité, il est recommandé de se tourner vers des structures ou des professionnels formés aux psychotraumatismes complexes et à la dissociation. Certains exercent à l’hôpital, d’autres en cabinet.
On peut s’adresser à un centre régional du psychotraumatisme, structure publique spécialisée dans la prise en charge du stress post-traumatique. Dans certains de ces centres, des professionnels sont formés au TDI et aux outils de diagnostic spécifiques (par exemple le SCID-D, la DES ou le SDQ-20). On peut identifier sur cette carte de France le centre le plus proche de chez soi et le contacter pour savoir s’il prend en charge des personnes se questionnant sur un TDI.
C’est le cas par exemple de la Maison de la résilience, structure publique rattachée au Centre thérapeutique de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et fondée par la professeur de psychiatrie Coraline Hingray. Cette Maison, centre d’expertise et de recherche sur les troubles dissociatifs, est installée à l’Hôpital Central de Nancy et inclut le Centre Régional du Psychotraumatisme Grand Est – Lorraine Sud.
A Metz (Moselle), le centre Pierre Janet reçoit en consultation psychothérapeutique les personnes se questionnant sur un TDI (voir sur le site les tarifs des consultations). Ce centre, dirigé par le professeur de psychologie Cyril Tarquinio, fait partie de l’Université de Lorraine. Ses équipes ont développé une expertise et font de la recherche sur la dissociation, ainsi que le traitement du psychotraumatisme.
L’Association Francophone du Trauma et de la Dissociation (AFTD) regroupe des psychothérapeutes spécialisés dans le psychotraumatisme qui exercent en libéral. Elle propose un annuaire de ses adhérentes et adhérents. On peut trouver celles et ceux installés près de chez soi sur cette carte de la France et de la Suisse. Certains sont formés au TDI, on peut les contacter pour leur demander si c’est le cas.
Voici des questions que l’on peut leur poser pour s’en assurer, suggérées par la pair-aidante professionnelle Maïle Onfray, le psychologue Éric Binet et le professeur de psychologie Cyril Tarquinio :
- Avez-vous l’habitude d’évaluer ou d’accompagner des troubles dissociatifs comme le TDI ?
- Avez-vous suivi un enseignement ou une formation spécifique sur le TDI ?
- Quels outils diagnostiques utilisez-vous pour le TDI ? (voir plus haut les noms des outils de référence)
- Prévoyez-vous une étape de stabilisation avant d’aborder les souvenirs traumatiques ?
Par ailleurs, l’association d’entraide entre victimes d’inceste et de pédocriminalité Le monde à travers un regard recense des centres de soin en France sur cette page de son site.
Comment s’aider soi-même
Si le recours aux soins est nécessaire dans le cas d’un trouble dissociatif de l’identité, nous pouvons par ailleurs développer des ressources personnelles qui aident à aller mieux. En voici plusieurs.
En assimilant le diagnostic à son rythme
Pour cela, on peut :
Prendre le temps de se poser après le diagnostic, parce que l’annonce d’un TDI peut nous déstabiliser, même si cela nous éclaire après des années d’incompréhension.
Se rappeler que l’on n’est responsable ni de ce qui nous arrive, ni des mécanismes de défense que le cerveau a dû mettre en place pour se protéger.
En apprenant à connaître son propre fonctionnement
Pour cela, on peut :
Favoriser le sentiment de sécurité au quotidien, en veillant à dormir un nombre d’heures suffisant, à s’alimenter de manière équilibrée, en travaillant sur ses conduites à risque comme les addictions et les comportements sexuels susceptibles de nous mettre en danger.
Repérer les signes qui annoncent une dissociation, tels que l’impression de brouillard, une perte de la notion du temps ou la sensation de ne plus être dans son corps.
Identifier ses déclencheurs, comme une odeur, un son, une sensation physique, pour limiter les occasions d’y être exposé ou au moins, ne pas se laisser surprendre par un nouvel épisode de dissociation.
Décrire son monde intérieur, en écrivant ou en dessinant une cartographie de ses différentes parties pour les visualiser, puis les organiser.
Tenir un journal de communication (ou journal de bord), dans lequel les parties écrivent ce qu’elles vivent, pour combler les amnésies du quotidien. Il n’est pas recommandé d’y noter ses souvenirs traumatiques, car cela peut provoquer des émotions trop intenses. On peut aussi tenir un carnet pour noter précisément ce qui apaise et ce qui favorise la continuité du sentiment de soi.
Accueillir chaque partie avec respect, lorsque celle-ci se manifeste.
S’entraîner à dialoguer avec son monde intérieur sans brutalité, en évitant d’insulter une partie de soi – ne pas chercher non plus à la faire disparaître. L’idée est de développer peu à peu une coopération entre les parties.
Se créer mentalement un espace de communication sécurisé, qui peut prendre la forme d’une salle de conférence ou d’une cabane dans les arbres, pour favoriser le dialogue entre les parties.
Éviter de forcer le retour des souvenirs. On voudrait parfois “retrouver la mémoire”, mais chercher à convoquer ses parties, notamment celles qui portent les traumatismes subis, peut s’avérer contreproductif. Les amnésies constituent une protection psychique à respecter, jusqu’au moment où on sera prêt pour le retour des souvenirs traumatiques.
En limitant les basculements d’une partie vers une autre
Pour cela, on peut :
S’entraîner à accueillir ses émotions, en leur laissant la place au lieu de chercher un moyen de les fuir (en consommant des substances addictives par exemple). On peut alors se rendre compte que l’anxiété ou la colère, même intense, ne dure pas ; et qu’ensuite, on peut passer à autre chose. Cela aide à rendre les épisodes de dissociation moins fréquents.
Pratiquer la cohérence cardiaque. Cette technique s’utilise elle aussi de manière préventive, pour limiter les épisodes de dissociation. On peut trouver un outil en ligne gratuit sur notre page S’aider soi-même, des outils pour tous.
Se constituer une “trousse anti-dissociation”. Les épisodes de dissociation et les basculements d’une partie vers une autre ne sont pas volontaires, mais on peut parfois agir au moment où ils se produisent, quand on s’en rend compte. La professeur de psychiatrie Coraline Hingray suggère de se munir d’objets qui stimulent fortement les sens comme des bonbons acidulés, des huiles essentielles, des objets à malaxer, un spray froid (vendu en pharmacie contre les chocs ou les foulures). La sensation qu’ils procurent peut nous aider à nous reconnecter avec le présent.
Revenir dans le présent. Lorsqu’on bascule vers une de ses parties portant des traumatismes du passé, c’est éprouvant. On peut tenter de revenir vers la partie de soi qui gère la vie quotidienne. On utilise pour cela des techniques de “présentification”. Ces techniques consistent à rendre le présent palpable, par exemple en consultant un calendrier disposé au préalable dans la pièce. On peut aussi observer les modèles de voiture autour de soi, les vêtements que les gens portent, les téléphones, autant d’objets qu’on ne trouvait pas dans le passé.
Utiliser des techniques d’auto-hypnose pour mieux gérer un épisode de dissociation et revenir plus rapidement dans le présent (voir plus haut la partie sur l’hypnose).
Essayer la couverture lestée, qui peut apporter du réconfort dans des moments de détresse, son poids ayant chez certaines personnes un effet sécurisant.
En choisissant ses sources d’information
Pour cela, on peut :
Garder son esprit critique, sur les réseaux sociaux. On peut trouver sur les réseaux un espace de parole qu’on n’a pas ailleurs et en tirer un effet bénéfique. Cependant, ils peuvent aussi diffuser des informations imprécises ou inexactes. La mise en scène du trouble dans des vidéos est un signal d’alarme. Elle révèle la volonté d’attirer les internautes avec du spectaculaire, à l’opposé d’une approche prudente et bienveillante.
Privilégier des sources d’information reconnues, comme celles recensées plus bas dans la partie “D’autres ressources sur le TDI”.
Vivre avec une personne concernée par le TDI
Vivre avec une personne concernée par un trouble dissociatif de l’identité demande de trouver un équilibre entre soutien et protection de soi-même. D’après les professionnels et les proches sollicités par Psycom, voici des stratégies qui aident à accompagner au mieux une personne concernée.
S’envisager comme une ou un “co-thérapeute”. Un co-thérapeute n’est pas un soignant, il vient seulement épauler le thérapeute. Par exemple, le conjoint ou l’accompagnant note des observations dans le quotidien ; il écoute, sans forcer la parole. Croire la personne, la laisser parler sans essayer de modifier son récit ou son émotion participe à son sentiment de sécurité.
Essayer de rester calme et prévisible, quand c’est possible. Savoir à quoi s’attendre est crucial pour les personnes concernées, qui peuvent vivre dans une insécurité interne constante.
Faire preuve de bienveillance face aux symptômes. Les réactions de la personne (trous de mémoire, changements d’humeur brusques) ne sont ni des caprices, ni des mensonges, mais l’expression de son organisation interne dissociée.
Respecter le monde interne. Il est déconseillé de demander aux différentes parties de se présenter par simple curiosité ou de s’amuser à dialoguer avec elles, car cela peut renforcer la dissociation.
Aider la personne à rester dans le présent. Un proche peut aider la personne à s’ancrer dans le présent lorsqu’elle commence à se dissocier. Les outils présentés plus haut dans la partie “S’aider soi-même” peuvent être mobilisés par un proche. Elle ou il peut aussi inviter la personne à sentir ses pieds au sol, à respirer profondément ou à “pousser les murs”. Cette dernière technique implique de coller sa ou ses paumes contre un mur et de pousser au maximum de sa force physique, comme si l’on voulait le faire tomber. L’effort important, associé au contact physique, reconnecte au temps présent. Un contact physique plus doux, comme tenir la main de la personne, peut parfois aider, mais sans insister si elle le rejette.
Aider la personne à identifier les déclencheurs. Il est utile de repérer ensemble ce qui favorise la dissociation, par exemple le bruit, la fatigue, l’alcool, un contact physique imprévu, une date anniversaire.
S’informer et se former. Pour être moins déstabilisé, le proche peut tenter de mieux comprendre la mécanique du trouble. Il peut se renseigner sur le psychotraumatisme, sur les conséquences des violences sexuelles. Cela aide à donner un sens à ce qui semble irrationnel. Certains soignants proposent des entretiens avec les proches pour expliquer le fonctionnement du système interne du patient.
Se protéger en posant des limites. Vivre avec une personne concernée par un TDI peut mener à l’épuisement. Pour protéger sa santé mentale, on peut se réserver des moments pour soi. Si un sentiment d’impuissance s’installe par rapport aux symptômes de la personne, on peut demander soi-même de l’aide à un professionnel de la santé mentale.
- Consulter la fiche pratique sur les différences entre le TDI et le trouble de stress post-traumatique (2025) sur le site du Centre national de ressources et de résilience (CN2R)
- Écouter l’émission Vivre avec un trouble dissociatif de l’identité de l’émission Grand Reportage, sur France Culture (2026)
- Ecouter les épisodes du podcast Dissociations de l’Association francophone du trauma et de la dissociation (AFTD) consacrés au TDI (2024), aux états du moi ou parties dissociées structurellement (2024).
- Écouter le témoignage de Maïlé Onfray, personne concernée par le TDI, dans un podcast en 6 épisodes (2022) TDI, survivre aux violences dans l’enfance, sur le site Meta de choc
- Explorer le blog de Maïlé Onfray
- Suivre le compte Instagram de Mathilde Wahrheit, personne concernée par le TDI, où elle partage des témoignages et des contenus militants pour sensibiliser sur le TDI et les violences qui peuvent être liées à l’apparition de ce trouble
- Regarder sur YouTube le court métrage Pétales d’une rose (en anglais, sous-titré en français, 2024), qui retrace une journée dans la vie d’une jeune femme concernée par un TDI, du réalisateur américain Dylan Crumper, dont la mère Holly est concernée par ce trouble
- Lire La proie des ombres, du romancier américain Matt Ruff, dont les deux personnages principaux sont un homme et une femme concernés par un TDI (éditions Le Seuil, 2005, disponible d’occasion seulement)
Cet article a été écrit par Ana Waalder (journaliste indépendante) et Estelle Saget (journaliste et responsable Editorial de Psycom).
Ont été sollicités pour cet article : Eric Binet, psychologue clinicien, ancien président de l’AFTD, Maître de conférences à l’Ecole de Psychologues Praticiens à Paris, équipe Vulnérabilité, Capabilité et Rétablissement ; Hadrien (le prénom a été changé), compagnon de Mathilde Wahrheit ; Coraline Hingray, psychiatre et professeure de psychiatrie à Nancy, fondatrice de la Maison de la Résilience, centre d’expertise diagnostique des troubles dissociatifs notamment liés aux violences sexuelles ; Laurence (le prénom a été changé), meilleure amie de Mathilde ; Maïlé Onfray, personne concernée par le TDI, aujourd’hui rétablie, pair-aidante professionnelle en indépendante ; Cyril Tarquinio, professeur de psychologie et directeur-adjoint de l’unité de recherche INSPIIRE, Université de Lorraine et Inserm, directeur du Centre Pierre Janet ; Emmanuelle Vaux-Lacroix, psychologue clinicienne, praticienne, superviseuse et formatrice EMDR Europe ; Mathilde Wahrheit (pseudo), personne concernée par le TDI, aujourd’hui rétablie.
© Psycom – Tous droits réservés
Eric Binet déclare ne pas avoir de liens d’intérêts avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé.
Laurence déclare ne pas avoir de lien d’intérêt avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé.
Hadrien déclare ne pas avoir de lien d’intérêt avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé.
Coraline Hingray a reçu entre 2022 et 2025 des financements de la part de Janssen-Cilag, GW Research Limited, Esai SAS, Bial-Portela, Boehringer Inglheim France, Neuraxpharm France, UCS Pharma SA, Lundbeck SAS et Angelini Pharma France, qui sont des entreprises fabriquant ou commercialisant des médicaments et produits de santé.
Maïlé Onfray est pair-aidante professionnelle, fondatrice de “A deux voix”, une auto-entreprise de pair-aidance en santé mentale. Elle déclare ne pas avoir de lien d’intérêt avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé.
Cyril Tarquinio est le rédacteur en chef de la revue scientifique spécialisée The European Journal of Trauma and Dissociation (Elsevier). Il est l’un des membres fondateurs de l’Association francophone du trauma et de la dissociation. Il déclare ne pas avoir de lien d’intérêt avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé.
Emmanuelle Vaux-Lacroix déclare ne pas avoir de liens d’intérêts avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé. Elle est formatrice à l’IFEMDR qui forme des psychologues et des psychiatres à la technique de l’EMDR.
Mathilde Wahrheit déclare ne pas avoir de lien d’intérêt avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé.
Estelle Saget et Ana Waalder déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé.
Ces déclarations peuvent être vérifiées sur la Base Transparence Santé du Ministère de la Santé.
- Le livre d’Eric Binet (et autres) dans sa nouvelle édition : Évaluer et prendre en charge le trouble dissociatif de l’identité (Dunod, 2025).
- Le livre de Coraline Hingray, Le trauma, comment s’en sortir, éd. De Boeck Supérieur, 2020.
- Le webinaire du CN2R sur le TDI par Coraline Hingray (2025)
- Dans la revue Santé mentale, l’article rédigé par Cyril Tarquinio, “Stratégies thérapeutiques des troubles dissociatifs”, novembre 2025.
- Les Lignes directrices pour le traitement du trouble dissociatif de l’identité chez les adultes (2011), traduction en français de l’article scientifique publié par la Société Internationale pour l’Etude du Trauma et de la Dissociation (SIETD, en anglais ISSTD), paru dans le Journal of Trauma & Dissociation
- La revue de littérature scientifique par Denis, Brennstuhl et Tarquinio : “Les conséquences des traumatismes sexuels sur la sexualité des victimes”, dans la revue Sexologies, 2020, vol. 29.
- Le livre Théorie de la Dissociation Structurelle (TDSP) : The Haunted Self (Le soi hanté), Van der Hart, Nijenhuis et Steele (2006, 2010).
- Classification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : CIM-10 et CIM-11 (2019/2022)
Nous avons utilisé un outil d’intelligence artificielle (IA) comme appui au cours de la rédaction de cet article, en lui demandant de retrouver certaines informations clés dans les sources que nous avons sélectionnées et que nous lui avons fournies. Ces sources consistaient exclusivement en : transcription des entretiens menés par les journalistes auprès des experts et témoins, ouvrages et études scientifiques . Les réponses fournies par l’IA ont été systématiquement vérifiées par les rédactrices de cet article.