Mesures à prendre en cas d’effets indésirables
Lorsque l’on prend un antidépresseur, on a intérêt à en informer ses proches de confiance, afin de les inviter à rester attentifs à de possibles changements de comportement ou à d’autres signes.
Pensées suicidaires
L’apparition ou l’aggravation d’idées suicidaires en début de traitement, quel que soit l’antidépresseur, nécessite de consulter rapidement. À défaut, en France, des soignants spécifiquement formés à estimer le risque de suicide sont joignables en permanence, par toute personne, via le numéro gratuit 3114.
Exaltation, euphorie excessive
Une exaltation de l’humeur avec irritabilité, euphorie excessive, excitation, réduction du besoin de sommeil peut survenir. Chez une personne dépressive, il peut s’agir d’un changement d’humeur brusque, appelé “virage maniaque”, signe d’un trouble bipolaire possible. Ceci doit conduire à consulter rapidement pour l’arrêt du traitement antidépresseur et à prendre l’avis d’un psychiatre pour reconsidérer le diagnostic et le traitement.
Agressivité et comportements violents
Certaines substances comme l’alcool ou d’autres psychotropes (amphétaminiques, méthylphénidate, etc.) augmentent ce risque. L’apparition d’un tel comportement doit conduire à consulter rapidement et envisager l’arrêt de l’antidépresseur.
Anxiété et insomnie
Les IRS et IRSN peuvent provoquer une anxiété, des insomnies, en début de traitement. Commencer le médicament antidépresseur à faible dose peut réduire les effets indésirables survenant en début de traitement.
Un anxiolytique (benzodiazépine) à faible dose pendant quelques semaines peut aider en cas d’anxiété intense. Cette aide est à mettre en balance avec les effets indésirables des benzodiazépines : somnolence, chutes, dépendance.
Somnolence
Les antidépresseurs peuvent avoir des effets sédatifs, en particulier les imipraminiques, la miansérine et la mirtazapine. Ils peuvent provoquer une somnolence, avec des risques de chute, en particulier chez les personnes âgées, et d’accident lors de la conduite de véhicules ou l’utilisation de machines.
Il est important de limiter au strict nécessaire les associations avec d’autres médicaments sédatifs : autres psychotropes, opioïdes (dérivés de la morphine), etc. Sans oublier l’alcool et le cannabis.
Étourdissements, vertiges
Ces manifestations sont à signaler à un professionnel de santé. Car si elles sont souvent banales et peu intenses, elles peuvent aussi être le signe d’un trouble cardiovasculaire.
Syndrome sérotoninergique
La plupart des antidépresseurs peuvent entraîner, de façon variable, des symptômes réunis sous le terme “syndrome sérotoninergique”, car liés à la sérotonine.
Ce syndrome est le plus souvent provoqué par l’association de deux ou plusieurs médicaments ou substances ayant un effet sérotoninergique. C’est le cas par exemple si on associe un antidépresseur avec du tramadol (un antalgique opioïde), du dextrométhorphane (un antitussif), ou de la cocaïne.
Les IMAO, qui ne sont pas des antidépresseurs de première ligne, sont les psychotropes qui exposent le plus au risque de syndrome sérotoninergique.
Consulter rapidement en cas de signes tels que : confusion, agitation, tremblements, spasmes musculaires, fièvre, palpitations, sueurs, nausées diarrhées.
En effet, ce syndrome rare est parfois grave voire mortel. Quand il est sévère, il nécessite une hospitalisation en urgence.
Pour éviter ce risque, mieux vaut demander l’avis d’un professionnel de santé avant de prendre tout autre médicament ou complément alimentaire ou phytothérapie, qu’on ait eu ou non l’habitude de le prendre auparavant, et signaler à tout professionnel de santé consulté qu’on prend un antidépresseur.
Troubles sexuels
Les effets indésirables sexuels sont fréquents, chez les femmes comme chez les hommes : troubles de l’érection, diminution du désir sexuel, incapacité à atteindre l’orgasme. Ces effets surviennent plus souvent avec les IRS et les IRSN. Ils persistent parfois après l’arrêt du traitement.
À l’inverse, la miansérine et la mirtazapine peuvent, rarement, entrainer des désinhibitions sexuelles et l’augmentation de la libido.
Diminuer la dose d’antidépresseur ou changer pour un antidépresseur d’un autre groupe sont des options à envisager.
Bouche sèche, troubles visuels ou urinaires, constipation
Les antidépresseurs imipraminiques provoquent des effets dits atropiniques (semblables à ceux d’une substance appelée atropine) : bouche sèche, parfois vision floue voire crise de glaucome, constipation, difficulté à uriner, etc. Parfois, surtout chez les personnes âgées, ces effets peuvent aboutir à une confusion mentale, une désorientation.
L’association à d’autres médicaments ayant des effets atropiniques augmente ce risque, en particulier les neuroleptiques et les antihistaminiques H1 utilisés dans les allergies, des médicaments de l’incontinence urinaire, ou certains médicaments de la bronchite chronique.
Consulter pour envisager :
- de diminuer la dose de l’antidépresseur,
- ou de le remplacer par un antidépresseur d’un autre groupe qui ne cause pas ces effets indésirables,
- ou encore de modifier les autres médicaments ayant des effets atropiniques.
Variations de poids
Certains IRS, notamment la paroxétine, les imipraminiques et la mirtazapine sont les antidépresseurs le plus souvent à l’origine de prises de poids. Les variations peuvent être importantes. Dans ce cas, en discuter avec le soignant prescripteur pour réévaluer la balance bénéfices-risques du traitement, et organiser un suivi médical du surpoids.
En cas de prise de poids, on peut développer des pensées obsédantes sur son poids, s’isolent socialement. De plus la grossophobie peut accentuer les symptômes dépressifs.
La pratique d’une activité physique, quand elle est possible, est conseillée.
En cas de risque élevé de saignement
Les personnes qui ont un risque accru de saignement, parce qu’elles prennent un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire (aspirine par exemple) pour une maladie cardiovasculaire, ou qui prennent fréquemment des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (ibuprofène par exemple) ont intérêt à savoir que les IRS et les IRSN augmentent ce risque.
Précautions alimentaires sous IMAO
Les antidépresseurs IMAO exposent à des crises graves d’hypertension artérielle par accumulation de tyramine et de noradrénaline. Cela oblige à exclure de l’alimentation de nombreux produits riches en tyramine, tels que les aliments fermentés et des boissons alcoolisées. Ces risques rendent ce traitement très contraignant.