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Allo Docteurs : Le baclofène, efficace mais pas miraculeux

le 9 septembre 2016

[Allo Docteurs] Plusieurs résultats attendus sur le baclofène ont été présentés ce 3 septembre dans un congrès à Berlin. Le traitement ne semble pas faire mieux qu'un placebo en terme d’aide à l’abstinence (avant ou après un sevrage). À doses élevées, il aiderait néanmoins à réduire de quelques verres la consommation des plus gros buveurs.

L'intérêt clinique de ce traitement resterait donc limité, alors même que de nombreuses données relatives à ses effets secondaires n’ont pas encore été rendues publiques.

Des données issues de quatre études sur l’efficacité du baclofène - dont deux françaises - étaient discutées ce week-end au Congrès mondial d'alcoologie, à Berlin. L'une de ces recherches, l'étude allemande BACLAD, avait déjà fait l’objet d’une publication en 2015. Des résultats très encourageants avaient alors été observés en terme d'abstinence. Toutefois, outre le fait qu’ils étaient comparables à ceux obtenus avec des médicaments existants, le faible nombre de participants à l’étude - 56 - rendait indispensable la conduite d’investigations plus rigoureuses.

La deuxième étude présentée , menée par des chercheurs néerlandais, portait sur des doses variables de baclofène (inférieures à 150 mg/jour). À ces doses, aucune différence significative n’a été observée en terme de maintien de l’abstinence après le sevrage, comparativement à un groupe soigné par placebo.

Deux études françaises ont été présentées lors du congrès. La première, conduite par le Pr Michel Reynaud, comparait l’administration (à des patients sans pathologies lourdes associées à leur alcoolisme) de doses élevées de baclofène (180 mg/jour) à celle d’un placebo. Là encore, les résultats obtenus ont déçu les attentes. En effet, aucune différence significative entre les deux groupes testés n’a été observée, ni en termes d’abstinence, ni en termes de réduction de la consommation d’alcool.

La seule différence statistiquement significative enregistrée concerne le désir compulsif d’alcool chez les plus gros buveurs (en moyenne, un verre quotidien de moins que dans le groupe témoin), ce qui fait dire au Pr Reynaud que le médicament "présente un intérêt clinique". Interrogé par Allodocteurs.fr , le chercheur estime que le nombre de participants (320, dont 130 ont interrompu leur participation à l’étude) était "trop faible" pour permettre d'obtenir des résultats solides. Il estime aussi que "l’attente générée par les médias à l’égard du baclofène" a pu décourager certains participants qui s’attendaient à un effet "miracle".

Les effets indésirables (somnolence, fatigue, insomnie...) sont apparus "plus fréquents sous baclofène", bien "[qu’]aucun problème grave n'a été enregistré".

Source Allo Docteurs