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L'Express : Une intelligence artificielle capable de détecter les pensées suicidaires

le 16 juin 2017

[L'Express]  Elle pourrait être testée d'ici environ deux ans sur les réseaux sociaux. 

Une intelligence artificielle (IA) capable de détecter les risques de suicide? Voilà l'une des dernières inventions de trois chercheurs américains, venant d'universités du Tennessee et de Floride. 

Pour mettre au point cette IA, ils se sont appuyés sur des données récoltées dans plus de 5000 dossiers médicaux de patients concernés par l'auto-mutilation. Ils se sont ensuite attelés à différencier celles des personnes ayant commis une tentative de suicide (3200 personnes environ), de celles qui n'avaient pas été jusque-là. Antécédents, âge, profession, tout a été scruté à la loupe. Si les critères déterminants ne sont pas tous évoqués (il s'agirait davantage d'une combinaison de facteurs), les troubles du sommeil seraient particulièrement révélateurs. 

Les résultats obtenus sont pour le moins concluants: l'intelligence artificielle a pu prévoir dans 84% des cas qu'un patient allait tenter de se donner la mort dans la semaine à venir. Un chiffre qui diminue un peu, jusqu'à 80%, lorsque la prédiction se fait deux ans avant le tragique événement.  

Les faux-négatifs seraient quant à eux assez peu nombreux: ils représenteraient de 1,2 à 3,5% des cas. A noter enfin que lorsque l'IA s'intéresse non plus à ces patients, mais à "la population générale" (13 000 personnes au total), les résultats sont encore meilleurs. On atteint ainsi 84% de réussite pour une détection deux ans avant et 92% pour une détection une semaine avant. 

Elle sera testée sur les réseaux sociaux

L'un des auteurs de l'étude, Colin Walsh, a toutefois écrit que l'IA n'avait pas "vocation à remplacer les expertises faites en clinique". "Nous restons prudents, il y a des côtés positifs, comme des côtés négatifs dans les deux approches", a-t-il dit, avant d'insister sur la complémentarité des méthodes. "Le principal défi avec la prévention 'classique' des risques de tentatives de suicide ou de suicide, est son coût. Avec le machine learning, nous pourrons rassembler de très nombreuses données cliniques, collectées de manière régulière. Mais avec l'IA, il est aussi beaucoup plus facile de se tromper, et de construire de mauvais modèles de prédiction..."  

L'outil développé par Colin Walsh et ses collègues devrait être testé à plus grande échelle d'ici environ deux ans. Il pourrait notamment trouver une application... sur les réseaux sociaux. Une idée sur laquelle Facebook a déjà une longueur d'avance. En mars dernier, l'entreprise avait ainsi testé une IA, chargée d'identifier les messages "inquiétants" postés par ses utilisateurs.  

Source L'Express