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Le Point : Un footballeur sur trois au bord du burn-out

le 17 mai 2017

[Le Point] 37 % des professionnels présenteraient des symptômes d'anxiété et de dépression, selon une étude du syndicat international des footballeurs, rapportée par le "JDD".

Le constat est sans appel. Le train de vie luxueux des footballeurs s'accompagne souvent d'un mal-être profond, causé par le stress et l'anxiété d'une vie professionnelle instable. Le JDD met en avant vendredi 12 mai le cas de l'international anglais Aaron Leenon, hospitalisé en psychiatrie fin avril pour d'importants « symptômes de stress ». S'appuyant sur une étude de la FIFpro, le syndicat international des footballeurs, parue en octobre 2016, l'hebdomadaire fait état d'un « mal silencieux » plus important qu'il n'y paraît chez les footballeurs, souvent passé sous silence par les intéressés eux-mêmes.

Selon l'étude sur laquelle s'appuie le Journal du dimanche , « 37 % des joueurs présenteraient des symptômes d'anxiété et de dépression ». Un taux deux fois plus élevé qu'à la normale – « ce chiffre gravite autour de 15 % dans la population globale », précise le JDD . La carrière courte et intense des footballeurs professionnels serait propice au phénomène de « cercle vicieux » : un événement négatif sape la confiance, les performances s'en ressentent... jusqu'à la crise de nerfs.

L'omerta du vestiaire

Et les facteurs de stress sont nombreux : « relations avec l'équipe, le staff ou les médias, conditions de travail, déplacements et hébergement », précise le JDD . Les risques de blessure, la gestion du patrimoine et de l'argent sont autant de paramètres à maîtriser pour ne pas subir une « descente aux enfers » dont il est ensuite très difficile de s'extirper. Ainsi, le JDD relate les expériences de plusieurs footballeurs aujourd'hui à la retraite, qui ont été obligés de passer par la case médication (au « valium » notamment) pour gérer l'anxiété ou ayant « tenter d'en finir » après des carrières imparfaites.

Enfin, le JDD remarque que le problème est peu ou pas traité dans le milieu du football. En cause, les clichés sur le train de vie des « footeux ». « C'est toujours délicat de se plaindre quand on gagne 20 000 euros par mois », explique un spécialiste de la gestion du stress et de l'anxiété à l'hebdomadaire. Surtout, les sportifs craignent des répercussions possibles sur leur temps de jeu. «  » Les blessés se disent : Si je le dis au kiné, il va le dire au médecin, qui va le dire à l'entraîneur et je ne vais plus jouer , confie le même spécialiste au JDD . Pour lutter contre ce « mal silencieux », l'UNFP propose trois heures d'entretien avec un psychologue par semaine, sous couvert d'anonymat pour les joueurs.

Consulter l'étude original (en anglais)

Source Le Point