Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > Lyon Capitale : "Psychose au Vinatier"

Lyon Capitale : "Psychose au Vinatier"

le 22 mai 2018

Baisse drastique des budgets, suppressions de postes, engorgement des urgences, recrudescence des violences... Le Vinatier est sous tension, au point de pousser syndicalistes, infirmiers, cadres de santé et médecins à se mettre en grève. Enquête à Bron, dans le plus gros hôpital psychiatrique de France (26 000 patients par an).

“Bonjour, docteur. Vous n’avez pas une cigarette ? Ah, vous êtes journaliste… Ici, vous savez, c’est bien. C’est comme le parc de la Tête-d’Or, mais en plus petit. On a des daims. Là-bas, à la cafète, c’est mon copain, mais aujourd’hui il est un peu zinzin. Moi, je marche beaucoup, il faut que je m’entraîne pour le marathon. Vous n’avez pas une cigarette ? Au revoir, docteur.”  16h30, mardi 17 avril.

Dans l’immense parc du Vinatier, boulevard Pinel (du nom de l’un des plus célèbres aliénistes français) à Bron, le soleil est de retour et les patients sont de sortie. Vraisemblablement plus qu’à l’accoutumée. “C’est vrai que la météo peut avoir une incidence sur l’humeur de nos patients” , confesse Stéphane Henriette, responsable d’un service de psychiatrie de l’adulte dans l’un des dix pôles spécialisés de l’hôpital.

Cent cinquante ans après sa création, le Vinatier n’est plus cette institution fermée pour “aliénés”. Le parc reste libre d’accès, aussi bien aux personnes de l’extérieur qu’aux patients hospitalisés. Comme à la Tête-d’Or, les bruits de la ville ne s’entendent plus. Ici, quelques plaintes tourmentées ponctuent le calme ambiant. Les patients se promènent, certains d’un pas lent et traînant, les épaules voûtées, le regard vide et les yeux brouillés ; d’autres, plus alertes, à un rythme soutenu, comme tendus vers un objectif chimérique. Soyons honnête, on croise aussi des zombies, vaguement alarmants, la bouche ouverte et un filet de bave à la commissure des lèvres, assommés par les neuroleptiques qu’ils avalent régulièrement...

Lire la suite sur Lyon Capitale