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The Conversation : Quels soins psychiatriques dans les prisons françaises ?

le 18 mai 2016

[The Conversation] Un récent rapport de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, le mois dernier, a alerté sur les difficultés actuelles de prise en charge des pathologies psychiatriques dans les prisons françaises. Cette ONG dénonce la « double peine »que subissent les personnes souffrant de troubles psychiatriques en détention : l’incarcération, et également l’impossibilité d’accéder à des soins adaptés à leur pathologie.

Des troubles psychiatriques très fréquents en prison

La réalisation d’études épidémiologiques rigoureuses se heurte à de nombreuses contraintes logistiques et d’organisation en milieu pénitentiaire. Cependant, plusieurs travaux internationaux ont pu mettre en évidence, chez les personnes incarcérées, une fréquence des troubles psychiatriques, bien supérieure à celle retrouvée en population générale. Toutes les pathologies sont représentées : schizophrénie, trouble bipolaire, dépression, troubles de la personnalité, troubles addictifs, etc.

En France, l’étude la plus récente sur le sujet date de 2006. Ce travail, mené dans 20 prisons françaises, a mis en lumière des fréquences extrêmement importantes pour des pathologies comme la dépression (18 %), les troubles anxieux (plus de 20 %) ou les troubles psychotiques comme la schizophrénie (12 %).

Le suicide constitue également une problématique majeure puisqu’il s’agit de la première cause de mortalité en détention. Il existe un lien évident avec la prévalence élevée des pathologies psychiatriques en prison : on considère par exemple que la dépression non traitée constitue la première cause de suicide.

Des conditions d’incarcération difficiles

En France, au 1er avril 2016, le nombre de personnes écrouées s’élevait à 79 422 dont 68 361 personnes détenues (les autres bénéficiant d’aménagements de peine) pour 58 659 places opérationnelles, soit un taux d’occupation moyen de 117 %, mais pouvant atteindre plus de 150 % dans de nombreux établissements comme la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.

Source The Conversation