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The Conversation : Qui (n’)a (pas) aimé « Joker » ? Comment le positionnement politique influence la réception d’une fiction

le 24 février 2020

Une étude menée par deux chercheurs en psychologie sociale se penche sur les réactions au film Joker, mettant en scène un homme souffrant de troubles mentaux. Certains spectateurs voient dans cette fiction une dénonciation du rejet de la différence. 

Véritable phénomène culturel au moment de sa sortie en 2019, le Joker, film de Todd Phillips, a été dernièrement couronné par deux Golden Globes.  Il met en scène Arthur Fleck, un homme souffrant de troubles mentaux le poussant, notamment, à rire sans le vouloir, souvent à des moments inopportuns. Il bascule peu à peu dans la folie et finit par devenir le Joker, un dangereux tueur psychopathe victime d'hallucinations, qui est aussi le plus grand ennemi de Batman, le super héros.

Malgré un succès public et critique indéniable, le film a fait l’objet d’importantes polémiques, notamment aux États-Unis. Là où certains voient dans le film une critique sociale acerbe, d’autres parlent d’une fiction complaisante qui érige un « mass shooter » (tueur de masse) en héros. En outre, certains privilégient une lecture politique du film, tandis que d’autres y discernent un récit davantage psychologique, voire intimiste où le message politique n’est que secondaire.

310 personnes de 16 à 70 ans qui avaient vu le film ont pris part à notre étude par questionnaire, diffusée sur les réseaux sociaux peu après sa sortie, indiquent les deux chercheurs en psychologie sociale auteurs de l'article publié sur The Conversation. Une analyse statistique de l’ensemble des réponses révèle l’existence de trois thématiques récurrentes, distinctes mais liées : la violence (sociale et criminelle, la seconde répondant à la première), la responsabilité de la société dans la production des « monstres » et la maladie mentale.

La question de la maladie mentale se distingue davantage des deux autres et constitue la thématique centrale du film pour de nombreux·ses répondant·e·s. À ce sujet, certain·e·s voient dans Joker une dénonciation du rejet de la différence, et de l’intolérance en général. D’autres insistent sur la dimension politique et sociale de la maladie mentale, insuffisamment reconnue et mal prise en charge dans nos sociétés (et en particulier dans la société américaine).

Lire l'article sur le site d'information The Conversation