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Article : Psychiatrie connectée, la Réunion doit rattraper son retard

le 18 octobre 2017

Un secteur peine à être innovant dans les nouvelles technologies : la psychiatrie. Mais l'heure est au changement... Le point avec le docteur Erick Gokalsing, président de Réunipsy qui s'apprête à recevoir plusieurs experts dans le cadre des 10e journées de psychiatrie et de psychologie clinique prévues les 13 et 14 octobre prochains à Saint-Gilles.

La Réunion est labellisée French Tech depuis plus d'un an sur la thématique de l'e-santé. Une réussite sur bien des plans : visibilité, projets, mise en réseau, financements, formations et ouverture... Si le numérique concerne de plus en plus la dématérialisation des données (dossier patient, etc),  les nouvelles technologies   ont du mal à pénétrer le monde de la santé mentale dans notre île. Mais les  regards devraient évoluer à la fin de la semaine.

Pour la 10ème année consécutive, l’association RéuniPsy et ses partenaires, dont l’EPSMR, organisent, en effet, les “Journées de Psychiatrie et de Psychologie Clinique” les 13 et 14 octobre prochains. Ce congrés international rassemblera des spécialistes réunionnais et des experts venus de métropole comme de la zone Océan Indien autour d’un thème unique : les nouvelles technologies et leurs interactions effectives ou à venir avec le monde de la santé mentale. “Le but est de développer tout ça”, annonce  le docteur Erick Gokalsing, président de Réunipsy. Car la Réunion a du retard, beaucoup de retard. On pourrait même dire que tout est (presque) à réaliser. “La télémedecine en psychiatrie n'est pas développée. (…) Des choses peuvent se faire. Il faut organiser des rencontres avec des start-up. On a les idées mais on ne sait pas si on peut les concrétiser. Les start up ont le savoir-faire”, explique le psychiatre qui a bien conscience, qu'ensuite, “il y a les financements à trouver”. Pour lui, il faut des appels à projets. “La ministre a débloqué des milliards pour la santé numérique. Il faut que ce soit relayé localement.  Cela permettra de financer des projets”, ajoute-t-il. Dr Gilles Reilhac, docteur en psychologie cognitive et David Dat, psychologue clinicien, sont les concepteurs de l’application mobile réunionnaise PsyAppspro et la présenteront lors de ces journées. “Cette application pour les psys les aide dans l'organisation de données réelles lors des consultations. C'est en cours de généralisation et de commercialisation”. Il existe également d'autres applications pour de la musicothérapie, de la relaxation, de l'apprentissage de la cohérence cardiaque... Les professionnels commencent à les utiliser pour agir sur le stress sur des patients porteurs de cancers qui ont une potentialité traumatique.

Un moyen différent de faire de l'évaluation

“On a aussi un projet en lien avec l'unité Inserm de la région parisienne  :une application pour smartphone qui s'appelle Printemps”, indique le président de Réunipsy. Il s'agit du  Programme de recherche interventionnelle et évaluative mené pour la prévention du suicide. (voir encadré) Du chemin reste à parcourir pour la télépsychiatrie utilisée depuis les années 80 dans des régions comme l'Australie, le Canada ou la Finlande où il faut 5 heures pour faire 500km... en raison des déserts médicaux. 

Source Clicanoo