Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Nul n'est censé ignorer > La DGOS soulève la problématique de la démographie médicale en pédopsychiatrie

La DGOS soulève la problématique de la démographie médicale en pédopsychiatrie

le 8 février 2017

[Santé Mentale] Auditionnée au Sénat, la directrice générale de la DGOS s'est attardée sur la problématique de la démographie en pédopsychiatrie. Elle y a indiqué que les modalités de la réforme du 3e cycle pour la psychiatrie ne sont pas tranchées, même si l'on s'oriente vers le maintien de l’option de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.

Entendue le 1er février par la mission d'information sur la situation de la psychiatrie des mineurs en France du Sénat, la directrice générale de la DGOS, Anne-Marie Armanteras-de Saxcé, a évoqué plusieurs actualités et chantiers pour la discipline. Elle a cité la récente installation du Comité national de pilotage de la psychiatrie ou encore le décret soumis à la concertation sur le projet territorial de santé mentale. Elle s'est notamment attardée sur la problématique démographique en psychiatrie infanto-juvénile (PIJ). Et d'annoncer à cette occasion que les travaux conjoints entre les ministères de la Santé et de l'Enseignement et de la Recherche sur la réforme du 3e cycle des études médicales n'ont pas encore totalement arrêté les orientations pour la discipline.

Une activité en forte croissance

La directrice a indiqué en préambule que 2 475 psychiatres en PIJ ont été recensés en 2015, dont 38% de libéraux "purs " et 14% réalisant un exercice mixte. La prise en charge est essentiellement à temps partiel et très peu en hospitalisation complète, a-t-elle souligné. La DGOS dénombre 2 257 lits de PIJ, dont 2 000 environ gérés par le secteur public ou privé non lucratif (PNL), et 9 500 places en hospitalisation de jour, dont une très grande majorité (9 400) dans le public et le PNL. Cette offre est "inégalement répartie " a-t-elle relevé, puisque dix départements à ce jour ne comptent aucun lit d'hospitalisation en PIJ. Même si, a nuancé la directrice, des prises en charge peuvent être réalisées en structures médico-sociales, "comme les CMPP ou les Camps* ". "Cette offre d'hospitalisation complète est en très légère progression, après une forte baisse ", a indiqué la DGOS. Le nombre de lits entre 2012 et 2014 a ainsi augmenté de 4,5% quand le nombre de CMPP est resté stable sur cette même période (environ 1 460 centres). Les effectifs des personnels qui exercent dans les structures de PIJ ont aussi augmenté, toujours sur ces deux années, de 4,5%. "L'activité, elle, est en forte croissance [dans les 320  secteurs de PIJ], puisque la file active a connu une augmentation de 82% entre 1991 et  2003, et de 22% sur la période 2007-2014 par rapport à la période précédente ", a annoncé la directrice. La DGOS recense ainsi aujourd'hui environ 530 000 enfants et adolescents qui ont été suivis dans les secteurs depuis 2014. "Cette hausse de l'activité est difficile à absorber pour les établissements et se traduit par des délais d'attente qui sont bien sûr trop longs pour les familles, les enfants, ainsi que pour les professionnels ", a commenté Anne-Marie Armanteras-de Saxcé.

Le nombre de postes pourvus inférieur

La DGOS a alors abordé le "sujet très difficile " de la démographie. Celle des pédopsychiatres "est très défavorable, je ne vous apprends rien ", a-t-elle indiqué aux sénateurs, même si la France est "relativement bien dotée en nombre de psychiatres ". Elle a cité le ratio de 22,8 psychiatres pour 100 000 habitants — sur la base de 15 000 psychiatres en 2015 — alors que la moyenne des pays de l'OCDE est de 15,6. Ce nombre tend à s'accroître en raison de l'augmentation du numerus clausus depuis les années 2000, "ceci étant la part des spécialistes de PIJ est très insuffisante ". Par ailleurs, elle a expliqué que le dénombrement de ces spécialistes est "malaisé", puisque aujourd'hui "seule l'entrée dans le [diplôme d'études spécialisées] DES en psychiatrie générale est régulé par les pouvoirs publi cs ". Et malgré le nombre de postes en psychiatrie accru entre 2012 et 2016, le nombre de postes effectivement pourvus est inférieur chaque année sur cette même période. Par exemple, 543 postes ont été pourvus sur 559 ouverts en 2015 et 497 sur 505 en 2016. En outre, chaque année, une soixantaine de diplômes d'études spécialisées complémentaires (DESC) en pédopsychiatrie sont délivrés. Et à cela s'ajoutent, mais de manière plus marginale, les dispositifs de la validation des acquis de l'expérience (VAE) — 20 validations en 2013 et 5 en 2016 — et 9 validations ordinales en 2015.

Source Santé Mentale