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Article : La sortie du prince Harry inspire l'Association canadienne pour la santé mentale

le 21 avril 2017

[Radio Canada] L'Association canadienne pour la santé mentale applaudit à la décision du prince Harry, qui a révélé à un quotidien britannique ses problèmes de dépression après la mort de sa mère, il y a près de 20 ans.

Harry, 32 ans, a brisé, lundi matin, le silence et la tradition royale en parlant candidement de ses problèmes de santé pour lesquels il a consulté un professionnel à la fin de la vingtaine.

L'Association canadienne pour la santé mentale pense que le prince Harry a montré l'exemple en démystifiant la maladie mentale. Son directeur en matière d'initiatives stratégiques, Mark Henick, explique que « les célébrités ont plus de chance d'être entendues lorsqu'elles parlent de leurs problèmes de santé et ceux qui les écoutent auront tendance à demander de l'aide plus facilement ».

Selon le Daily Telegraph , le prince Harry a traversé des épisodes de dépression sévère à la mort de sa mère, à 12 ans, après avoir complètement réprimé ses émotions. Un deuil qu'il dit avoir refusé d'accepter et de surmonter.

« Je trouvais le réconfort en me cachant la tête dans le sable, parce que je ne voyais pas l'utilité de parler d'elle », a-t-il raconté à la journaliste Bryony Gordon. Harry ajoute qu'il prétendait être heureux jusqu'au jour où il a décidé de consulter un spécialiste à la fin de la vingtaine.

Mark Henick souligne que « la relation maternelle est l'une des plus importantes dans la vie et que de perdre sa mère à un jeune âge peut être un événement très traumatisant pour un enfant ».

Le psychologue clinicien Pierre Faubert n'est pas surpris, pour sa part, de la démarche du prince, qu'il qualifie de courageuse et de bénéfique pour lui et pour les autres. « Je suis même touché de son geste et du fait aussi de pouvoir en parler publiquement, étant donné qu'il y a une forme de stigmatisation des personnes qui souffrent de problèmes mentaux, alors c'est bien qu'il en parle. »

Pierre Faubert précise en outre que la dépression peut frapper n'importe qui dans la société. « Jusqu'à un certain point, la maladie mentale, c'est un peu comme la météo, il y a une certaine justice là-dedans, que nous soyons riches ou pauvres, que nous soyons fortunés ou pas, que nous soyons en bonne santé physique ou pas, ça peut nous atteindre tous, même peu importe l'âge, le sexe, le statut social, etc. »

La personnification de la maladie mentale

Mark Henick affirme qu'il est difficile de comprendre le cheminement du prince Harry à ce moment-ci de sa vie, mais il ajoute que l'environnement austère de sa famille élargie a probablement été un obstacle supplémentaire. « C'est encore plus difficile pour un homme dont on attend beaucoup et qui est issu d'un milieu privilégié où il lui était probablement interdit de montrer ses émotions et ses faiblesses. »

Le psychologue clinicien Pierre Faubert pense qu'il sera malgré tout facile de s'identifier au prince Harry. « Vous savez, c'est difficile de se mettre à la place de quelqu'un, mais je le comprends de l'intérieur, Harry, parce que je me sens beaucoup comme lui. Et il sera plus heureux et peut-être même plus en mesure d'apprécier sa souffrance et de se laisser aimer par les autres. »

L'Association canadienne pour la santé mentale rappelle qu'il est plus facile de guérir d'une affection comme l'anxiété ou la dépression lorsque le patient en parle ouvertement. La prévention à un jeune âge reste par ailleurs toujours selon elle la meilleure médecine pour lutter contre les maladies mentales.

Source Radio Canada