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Article : Laurence est borderline et elle vous emmerde

le 17 novembre 2017

Laurence, militante du blog Coups de gueule de Lau se bat contre la "psychophobie" que subissent les malades psys. Et remet en question une "normalité" cruelle.

Connaissez-vous la psychophobie ? Le terme a fait son apparition dans les médias cet été, quand l’émission "Fort Boyard" a lancé "l’asile", une nouvelle épreuve qui consiste à se tirer d’une chambre capitonnée tout en portant une camisole de force. Mauvais goût bonjour.

"C’était la première fois qu’on voyait le mot noir sur blanc hors des réseaux militants", s’enthousiasme Lau alias Laurence. La blogueuse des Coups de gueule de Lau, "suissesse, féministe, grosse", a participé à la création du collectif SOS Psychophobie il y a quatre ans.

Aujourd'hui constitué d’une dizaine de personnes aux problématiques diverses, de l’autisme à la schizophrénie, en passant par le trouble borderline , il monte régulièrement au créneau pour dénoncer les propos ou les représentations "psychophobes" dans les médias.

Traiter Trump de "fou"

Exemple banal : traiter Trump de "fou" n’est pas cool pour les "fous". Véhiculer l’image du "fou dangereux", par exemple dans les cas de meurtres de masse ou encore de terrorisme, non plus.

C’est à la fois faux et très nocif pour les personnes souffrant de troubles psychiques, car ce cliché contribuera à leur isolement et aux violences dont elles sont souvent victimes.

Psychophobie, donc. "Il y avait racisme, sexisme, grossophobie, mais il nous manquait un mot pour définir cette oppression spécifique."

Lau définit la psychophobie (qui dans le dictionnaire désigne une mystérieuse "phobie de l’esprit") comme "l'ensemble des stigmatisations, des discriminations qui vont de la moquerie à la violence physique que vivent les personnes qui sortent de la norme de fonctionnement psy".

Ça paraît simple, mais c’est une petite révolution.

Cela fait longtemps que notre vision des maladies psychiques ne se résume plus à l'image simpliste du "fou" de "l'asile" de "Fort Boyard" (dans les médias, par vague, il y a des moments dépression, des moments autisme Asperger, des moments bipolarité).

Une critique de la "normalité" psychique

Mais le mouvement anti-psychophobie va plus loin. Il ne cherche pas seulement à mieux informer sur les maladies mentales ou à "excuser" les personnes souffrant de troubles psychiques, mais remet aussi en cause la "norme neurotypique", c’est-à-dire les normes sociales de comportement et de fonctionnement.

Source Rue89