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Bande dessinée : La Différence invisible par Mademoiselle Caroline, Julie Dachez

le 31 mai 2017

[Télérama] Marguerite, 30 ans, rien que du malheur... Enfin pas tout à fait, juste un mal fou à vivre parmi les autres, à se sentir « normale ». A priori, rien ne distingue la jeune femme : elle a un emploi, des amis, un compagnon, pas de handicap physique ni de déficience intellectuelle. Pourtant, son quotidien s'apparente au parcours du combattant. Tout ce à quoi nous ne faisons plus attention, les jeux sociaux, le second degré, la connivence, l'implicite, la multitude de signes et de codes avec lesquels nous jonglons depuis l'enfance lui échappent totalement.

Hypersensible aux bruits et aux odeurs, agressée par la lumière des néons, perdue dans les open spaces ou les fêtes lorsque plusieurs personnes parlent en même temps, Caroline survit en se cramponnant à des routines, des rituels, et en se fondant au mieux dans le décor. La vie sociale l'épuise, l'imprévu la panique : ce caméléon, cette femme invisible n'est heureuse que chez elle, avec ses chats. Les psys parlent de traumatisme infantile, d'anxiété, de dépression et ne lui sont d'aucun secours. Ses recherches sur Internet l'aiguillent vers une forme d'autisme légère : le syndrome d'Asperger...

Julie Dachez, qui signe le scénario de La Différence invisible, a adapté sa propre histoire et en profite pour balayer pas mal de clichés autour de ce trouble méconnu et mal diagnostiqué, particulièrement en France. Etre « Aspie » n'a rien d'une mode, ni d'une maladie mentale, c'est une façon différente de ressentir et d'appréhender le monde. On le comprend d'autant mieux grâce au travail lumineux de Mademoiselle Caroline qui cosigne cet album. En jouant habilement avec la typographie, les couleurs et les cases, la dessinatrice a insufflé ce qu'il faut de rythme et d'émotion pour transformer ce riche témoignage en une histoire passionnante. 

Source Télérama