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Article : Concilier fonction d'aidant.e et emploi, un enjeu crucial pour le futur

le 10 mai 2017

[Chorum Cides] Le rôle des aidants a commencé d’être reconnu en France par la création du droit au répit (loi d’adaptation de la société au vieillissement) et tout récemment par l’élargissement des conditions d’accès au congé de soutien familial (loi travail).

Le vieillissement de la population est un enjeu européen. Le développement de services à la personne de qualité et accessibles à tous est l’une des réponses. Mais la construction d’un cadre légal européen favorable aux aidants familiaux
est tout aussi cruciale car elle concerne des dizaines de millions de personnes qui ont, aujourd’hui, à faire des choix contraints entre leur vie professionnelle et personnelle.

L’Union européenne à la traîne

Estimés à plus de 8 millions en France, la majorité des aidant-e-s proches travaillent (47%) ou sont retraités (33%). 7 % sont tandis qu’une partie sont au chômage et 13 % inactifs(7%) mais surtout inactifs (13%). À l’échelle européenne, peu de statistiques existent mais il est estimémais on estime que 7% des travailleurs et 11% des travailleuses sont des aidant.e.s, sans que les aidant.e.s au chômage, retraité.e.s ou inactifs ne soient comptabilisé.e.s. Ce sont souvent les conjoint.e.s, les enfants ou les beaux-enfants quand il ne s’agit pas de parents d’un enfant handicapé. Associé aux tâches du « care », c’est-à-dire du soin aux autres, la majorité sont des femmes, elles représentent 57% des aidant.e.s en France et plus de 90% en Allemagne.
Sur un sujet qui touche une part grandissante de la population, l’Union européenne n’a toujours pas élaboré de politique commune et harmonisée entre les États membres. La Commission a tout juste rappelé la nécessité de tenir compte de cet enjeu, notamment dans une communication de 2007 visant à « Promouvoir la solidarité entre génération » en mettant en valeur « les services aux personnes dépendantes dans une société vieillissante » comme l’une des dimensions principales à prendre en considération dans les politiques de soutien à la vie familiale, au même titre que les services d’aides proposés aux parents.

Droits sociaux & revenus

Le principal enjeu reste de favoriser, pour les aidant-e-s n’ayant pas d’activité professionnelle de faire reconnaître leur rôle afin de bénéficier de droits sociaux et d’une rémunération. Malgré un temps d’activité valorisé par exemple en France par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie jusqu’à 3 000€ par mois pour les aidant-es accompagnants un malade d’Alzheimer, ce travail s’effectue bien souvent gratuitement au nom de l’entraide et la solidarité familiale, sans qu’une rémunération ou des droits sociaux y soient formellement associés. En France, sous certaines conditions, l’aidant.e peut être indemnisé.-e à la condition d’établir un contrat de travail avec un.-e aidé.e bénéficiant de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) destinée aux personnes âgées (8% des bénéficiaires l’ont utilisé en ce sens) ou la prestation de compensation de handicap (PCH) visant à couvrir des frais liés à la perte d’autonomie pour les adultes handicapés.
Dans le même sens, la Belgique propose au niveau national l’allocation pour l’aide aux personnes âgées en parallèle de l’assurance dépendance flamande (20% des bénéficiaires l’ont utilisé en 2006 pour rémunérer un aidant.e) qui se décline dorénavant au niveau wallon et bientôt au niveau bruxellois. De manière plus directe, certaines communes flamandes proposent même une petite compensation financière tandis qu’aucune aide directe n’existe en France.
Misant sur une politique familialiste, l’Allemagne propose, elle, une allocation spécifiquement dirigée vers les aidant.e.s sur l’entièreté de son territoire, sous forme de forfaits de prestations comprenant des formations, conseils, services de répit….

Source Chorum Cides