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Colloque : Anticiper, prévoir, prédire en psychiatrie : enjeux éthiques, 26 janvier 2018, à Marseille

le 27 juin 2017

[CRES PACA]Cette rencontre est organisée par la commission Ethique et Psychiatrie de l’Espace Ethique Méditerranée.

Anticiper, prévoir, prédire sont des thématiques qui parcourent l’histoire de l’humanité ; elles  jalonnent la vie quotidienne, le champ des sciences, les pratiques de la médecine et de la psychiatrie.  Dans  un  temps  perpétuellement  fuyant  où  le  présent  est  chargé  du  passé  comme  du  futur,  que  recouvrent ces concepts et quels en sont leurs différents usages sur le plan historique et dans la société  contemporaine ?

 Expliciter le cadre et le déroulement du soin a un effet rassurant, une perspective se dessine et aide à  redonner une temporalité au regard du temps accéléré ou figé. Mais le projet de soin peut être aussi  porteur  de  détermination, de  prédiction,  de  prophétie.  Faut- il empêcher l’imprévisible et l’incertain  qui sont inhérents à l’action et aux choix auxquels  le  patient  doit-être  confronté ?  Programmes,  protocoles s’opposent parfois à la créativité et aux capacités d’initiative. Ainsi l’anticipation devrait  proposer  exploration  plus  que  planification.  Mais  que  penser  de  procédures  innovantes  - telles  les  directives  anticipées qui permettent à un patient d’exprimer à l’avance ses volontés concernant sa  prise en charge future  - ou de nouveaux modèles d’envisager la santé et le soin (médecine prédictive) ?  Quelles sont les relations entre art, improvisation et anticipation ?

Pourtant, face à l’éventuel danger à trop anticiper, à trop prévoir, et finalement, tendre à limiter le  futur davantage qu’à le construire, il est légitime de prévoir et prévenir les évolutions préjudiciables.  Les soignants sont dès lors confrontés à des dilemmes éthiques. Doit - on prédire une maladie si on ne  connait  pas  de  traitement  curatif  ni  même  de  mesures  de  prévention  à  cette  pathologie  ?  Dans  la  mesure où le diagnostic a une connotation pronostique, poser un diagnostic à l’adolescence n’engage- t- il pas quelque chose de l’avenir ? Comment agir face à l’extrême difficulté d’évaluation et de  prédictivité  du  risque  suicidaire ? Nous  proposons d’interroger  en quoi la prévision et l’anticipation  participent d’une organisation pertinente  de la prévention, du soin et de l’autonomisation du  patient, ou, au contraire, d’une limitation de ses possibilités évolutives, et de celles de son entourage  familial et soignant.

La vocation de ce colloque est d’inviter à une  réflexion multidisciplinaire visant à éclairer les enjeux  éthiques de l’anticipation, de  la prévision et de la prédiction dans l’orientation de nos choix  thérapeutiques tant au niveau de la clinique singulière que des actions institutionnelles et sociétales.

Source CRES PACA