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Recommandations HAS : La dépression doit être mieux identifiée et traitée de façon personnalisée

le 13 novembre 2017

Dans sa vie, une personne sur cinq connaîtra un épisode dépressif. Si cette maladie est connue et ancrée dans tous les esprits, de nombreux cas de dépression ne sont pourtant ni repérés ni traités, augmentant le risque de suicides et entrainant une dégradation de la vie sociale et personnelle. De plus, la prise en charge de la dépression est insatisfaisante : elle repose trop souvent sur les antidépresseurs, prescrits généralement sans suivi ni psychothérapie. 

Les médecins généralistes sont en première ligne pour détecter cette maladie et leur rôle doit être conforté. C’est pourquoi la HAS publie aujourd’hui une recommandation pour les aider à cibler les spécificités de cette maladie et proposer la prise en charge la plus adaptée à chacun.

Près d’un Français sur 10 aurait connu un épisode dépressif au cours des douze derniers mois. Pourtant environ 40% des personnes souffrant de dépression ne recourent pas aux soins dans notre pays, ce qui a des effets délétères sur leur vie quotidienne et aggrave le risque de suicide. A l’inverse, certaines déprimes passagères ou certains troubles psychiques graves sont parfois pris pour des dépressions et traités de façon inadéquate. Enfin, même lorsque la dépression est correctement diagnostiquée, on observe souvent un mauvais usage des antidépresseurs : trop souvent prescrits pour des dépressions légères, pas assez dans des dépressions sévères, ou délivrés sans psychothérapie ni suivi.

Le médecin généraliste a une place centrale : il est en contact régulier avec ses patients et est le mieux placé pour détecter des changements d’attitudes et une dépression sous-jacente ; il est aussi parfois le seul recours dans certains territoires où les médecins spécialistes sont rares. C’est pourquoi la HAS, dans le cadre de son programme « Psychiatrie et santé mentale », publie aujourd’hui une recommandation à destination des médecins généralistes, pour améliorer le repérage et la prise en charge de la dépression, en collaboration avec les spécialistes pour les cas complexes.

La dépression ne se manifeste pas que par de la tristesse : il faut savoir la reconnaître et la différencier

Un état de tristesse ou de « déprime » ne constitue pas une dépression. Pour établir le bon diagnostic, il faut s’assurer que la personne cumule différents symptômes (humeur dépressive, perte d’intérêt ou d’énergie mais aussi concentration réduite, diminution de l’estime de soi, sentiment de culpabilité, idées et comportement suicidaires ou encore troubles du sommeil ou de l’appétit) qui se manifestent de manière quotidienne, depuis au moins 2 semaines et avec une certaine intensité. La dépression provoque un changement de fonctionnement dans la vie professionnelle, sociale ou familiale, et génère une véritable détresse.

Le médecin devra éliminer d’autres hypothèses pour lesquelles les symptômes sont communs : troubles anxieux, troubles psychiques, maladies physiques (hypothyroïdie, maladies neuro-dégénératives…), abus de substances psychoactives ou de médicaments. Il devra aussi systématiquement envisager la possibilité d’un trouble bipolaire, qui associe des épisodes dépressifs à des épisodes maniaques pouvant passer inaperçus*. En cas de doute, pour confirmer son diagnostic, le médecin généraliste pourra demander l’aide d’un spécialiste.

Source HAS