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Gabon : La nouvelle drogue "kobolo" fait des ravages dans la jeunesse

le 5 février 2018

La consommation d’un anti-douleur proche de la morphine avec de l’alcool s’est largement popularisée depuis 2017. Les enseignants s’alarment.

C’est une "gangrène", devenue un fléau en près d’un an. La consommation d’un médicament anti-douleur, pris comme une drogue et surnommé "kobolo" par la jeunesse des quartiers et souvent associé à de l’alcool, fait fureur dans les écoles au Gabon.

"On se demande qui n’en consomme pas dans nos établissements publics", raconte Chantal (nom d’emprunt), professeur de musique dans un collège de Libreville, confronté quotidiennement au problème.

"Ça commence dès la sixième, dès 12-13 ans, on voit les enfants littéralement changer de peau, devenir agressifs et violents sous les effets de ce kobolo, qu’on trouve régulièrement en fouillant dans les cartables. Le pire c’est que les élèves ne font pas que consommer, ils vendent", se navre la jeune femme.

"L’administration a connaissance du problème, mais c’est comme si elle était débordée", s’interroge-t-elle, alors que les syndicats d’enseignants ne cessent de tirer la sonnette d’alarme ces derniers mois sur "l’insécurité grandissante" en milieu scolaire.

Proche de la morphine

Presque chaque semaine, la presse relate une agression au couteau entre écoliers, que beaucoup lient à la consommation de cette nouvelle drogue. Les journaux rendent comptent régulièrement d’arrestations de trafiquants – souvent venus du Cameroun ou liés à la filière pharmaceutique –, et s’alarment "des ravages chez les jeunes" de cet "inquiétant" trafic.

Le kobolo, mot d’argot venu des quartiers populaires de Libreville, désigne en fait l’usage du Tramadol, un anti-inflammatoire proche de la codéine et de la morphine, prescrit en cas de traumatisme ou après une opération.

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