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Nouvelle-Calédonie : Suicide, le chemin de la parole

le 29 septembre 2017

Itinéraires aborde le thème du documentaire en Nouvelle-Calédonie où 30 personnes meurent de suicide chaque année. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. Pourtant le sujet est presque souvent encore trop tabou.

Poser des mots sur le suicide, poser des mots sur le mal-être, sont peut-être les premiers pas du chemin vers le bien-être et la prévention des actes suicidaires. Dans ce film, nous suivons les chemins de parole. Les slams nous invitent à écouter les maux, à sortir du silence et à cheminer de l’ombre vers la lumière, du mal-être vers le bien être.
Les familles témoignent. Les spécialistes partagent des outils de prévention. Un film qui invite chacun de nous à devenir acteur dans la prévention du suicide. Un film qui pose au final la question de la capacité de notre société à créer du bonheur.

Interview des réalisatrices Dominique Roberjot et Christine Della-Maggiora

COMMENT EST NÉ LE PROJET DE CE FILM ?
Nous pensons que l’un des rôles primordial du film documentaire est d’interroger la société, de parler de sujets qui sont parfois tabous, qui font peur, avec pour objectif d’ouvrir un espace d’échange, de réflexion.
Il existe plusieurs sortes de films documentaires: des films de découverte, de divertissement… Mais le documentaire c’est aussi poser des questions, interroger le public, être acteur à notre mesure des changements de société sur des sujets sensibles…
Le suicide est un sujet douloureux… terrible… Une personne meurt toute les 40 s dans le monde. Il interroge la capacité de nos sociétés à créer du bonheur.
Le suicide fait partie de ces sujets (il y en a d’autres) sur lesquels on a du mal à poser des mots… On en parle peu ou pas… Ce silence est lié à beaucoup de choses: la pudeur, la difficulté d’exprimer le mal-être, la peur de la stygmatisation, le tabou…
La Nouvelle-Calédonie fait partie des pays fortement touchés selon les chiffres de l’OMS. Qui n’a pas connu un proche où une personne plus lointaine qui a essayé de passer à l’acte, ou qui est décédée par suicide sur notre Caillou… Qui ne s’est pas retrouvé un jour face à une personne en mal-être en se demandant comment l’aider ?
Cela fait un moment déjà que nous voulions traiter ce sujet, mais “COMMENT” en parler?
Il nous a fallu plusieurs années avant de nous lancer dans ce projet, le temps de murir une approche filmique qui puisse porter le propos, donner la parole sans être intrusives, porter un message d’espoir.
VOUS ÉVOQUEZ LE  “COMMENT EN PARLER”. QUELLE APPROCHE FILMIQUE AVEZ VOUS CHOISIE ?
Notre propos n’était pas de faire une enquête sur le suicide. Notre propos était de nous tourner vers l’humain, vers les familles touchées par le suicide, afin qu’elles témoignent et partagent leur vécu avec le public calédonien. Nous voulions également donner des clefs aux spectateurs pour qu’ils puissent identifier, aider des personnes en mal-être. Et comme le suicide touche beaucoup la jeunesse, nous voulions que ce film puisse capter leur attention, même si c’est un sujet douloureux.
Nous avons choisi une écriture filmique qui nous immerge dans 3 mondes différents…  Trois mondes complémentaires.
Il y a la réalité des personnes touchées par le suicide et qui témoignent.
Il y a les interviews posées des spécialistes, qui apportent des informations, des clefs sur le suicide et sur les outils de prevention
Il y a le slam… les mots posés sur la mal-être… la danse… Un chemin d’expression qui vient rapeler tout au long du film que parler ne doit jamais être un tabou… Des slams qui demandent à être écoutés… pour rapeler aussi qu’être bienveillant envers l’autre c’est avant tout l’écouter, lui offrir un espace d’expression.

Source France TV Info