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Royaume-Uni : L’argent, peut-être un critère de guérison en psychiatrie

le 24 février 2017

[JIM] Depuis 2008, le gouvernement du Royaume-Uni développe un programme pour  améliorer l’accès aux psychothérapies (IAPT : Improving Access to Psychological Therapies) qui a « résolument changé le visage des soins psychologiques en Angleterre », rappelle The British Journal of Psychiatry. Mais si l’objectif des autorités britanniques était de revaloriser la part des psychothérapies (en particulier de type « evidence-based psychological therapies  », thérapies fondées sur des preuves) et de limiter parallèlement celle des médicaments psychotropes, notamment pour les patients anxieux ou dépressifs, les données épidémiologiques montrent qu’il persiste de grandes disparités selon les régions et surtout selon le niveau de revenus des intéressés, puisque les taux de guérison peuvent varier d’environ 8 % à 87 % !

Au département des sciences médicales de l’Université de York, Jaime Delgadillo & coll ont ainsi montré que le programme IAPT tend à prouver que « la prévalence des problèmes psychiatriques est plus élevée dans les régions les plus pauvres  », et que ces mêmes zones connaissent « les taux moyens de guérison les plus faibles . »

Cette conclusion  confirme à la fois une boutade (d’origine russe, semble-t-il) célèbre chez les carabins, (« Il vaut toujours mieux être jeune, riche et en bonne santé que vieux, pauvre et malade  ») et ce trait de l’écrivain suisse Jean Antoine Petit dit John Petit-Senn (1792–1870), dans ses Bluettes et boutades (1846), décoché probablement en direction de tous les médecins, sous couvert d’un exotisme apparent : « Pour les docteurs du Japon, le cas le plus grave en médecine est celui où le malade n’a pas d’argent . » Avec son acuité usuelle, Woody Allen approfondit encore cette perception de la dimension financière en psychiatrie : « Mes films sont une forme de psychanalyse, sauf que c’est moi qui suis payé, ce qui change tout !  » 

Source JIM