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Suisse : Comment revivre après l’hôpital psychiatrique ?

le 1 mars 2017

[Tribune de Genève] Le réalisateur genevois Frank Preiswerk a posé ses caméras à Belle-Idée pour suivre trois patients avant leur retour à la maison.

Comment reprend-on une vie normale après l’hôpital psychiatrique? C’est le thème exploré par le documentaire Le seuil , tourné à Belle-Idée. Il sera diffusé pendant une semaine à la Haute Ecole de travail social (HETS)*. Le film narre le passage du «seuil» par trois protagonistes: Nicole, Pierre et Véronique. Certains ont hâte de sortir, d’autres ont peur. Interview du réalisateur genevois Frank Preiswerk.

Quelle est la genèse de votre film?

Je m’intéresse à la psychiatrie depuis longtemps, et au départ j’avais dans l’idée de suivre un patient depuis son admission jusqu’à la fin de son séjour. Mais parfois les séjours peuvent durer très longtemps, ce n’était pas réaliste. Et puis j’ai appris qu’il y avait toute une préparation avant les sorties. C’est un moment qui pose tout un tas de problèmes, car certains n’ont plus ni logement ni travail.

Comment avez-vous fait votre casting?

J’ai obtenu un accord de principe de Belle-Idée assez rapidement. On a fait des repérages sans caméra, avec en première étape un reportage photo. Il a été plus difficile d’obtenir l’accord des unités. Tout était très cadré, il fallait annoncer le programme de tournage la veille. Je n’avais pas envie de masquer trop de visages, donc j’ai renoncé d’emblée à certaines scènes, comme les repas. Une infirmière m’a dit: «Les gens qu’on accueille ici sont des blessés du regard des autres.» La caméra, c’est un regard appuyé. Une femme a très fortement réagi à notre présence, elle pensait qu’on pouvait filmer à travers les murs.

Vos personnages sont très fragiles, mais le spectateur peut facilement s’identifier à eux…

Oui, ils ne correspondent pas à l’image du fou qui traîne dans l’inconscient collectif. Même si on entend des cris au loin en bruit de fond.

Vous n’avez pas fait usage du commentaire ni de l’interview à proprement parler. Pourquoi effacer votre présence à ce point?

Le montage est une forme de commentaire. Ça peut paraître un regard neutre, mais ça ne l’est pas. Ce n’est pas pour faire comme si je n’étais pas là, mais pour laisser les choses se déployer.

Que sont devenus les trois protagonistes?

Le secret médical a été levé pendant le tournage, mais pas après. Je ne peux rien vous dire.

Source Tribune de Genève