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Suisse : Troubles psychiques, l’avis des proches

le 16 mai 2017

[Tribune de Genève] Les associations romandes concernées ont participé ces dernières semaines à de nombreuses actions à travers les médias et sur le terrain pour «informer et déstigmatiser» autour de la maladie psychique.  A Genève, deux associations sont actives dans ce domaine pour accueillir, informer et soutenir les proches.

Le Relais: association de soutien aux proches de personnes souffrant de troubles psychiques. SchiSme: association de soutien aux proches de détenus-patients adultes et mineurs atteints de troubles psychiques et ayant commis des crimes ou des délits graves.

Parmi les troubles psychiques, la schizophrénie touche 1% de la population dans tous les pays du monde. Cette maladie se soigne par des approches diverses «médico-psycho-sociales». Les personnes vont vers le chemin du rétablissement avec du temps et une bonne prise en soins.

L’empathie, les liens humains tissés entre les «3P» (professionnels, patients, proches) sont essentiels. Il faut savoir aussi qu’il n’y a pas plus de violence chez les personnes atteintes de schizophrénie que dans la population «normale».

Nous regrettons souvent que cette population soit stigmatisée dans les médias et que l’on cultive, voire suscite des anxiétés et des peurs. Il est souhaitable de s’inscrire dans une démarche de compréhension, d’information objective quant aux souffrances endurées par ces personnes et leurs proches. Le choix des mots autour de la maladie psychique devrait se faire dans le respect des personnes concernées et de leurs proches, en observant un code de déontologie à leur égard.

Les familles sont des victimes collatérales du système carcéral (honte, culpabilité, isolement…). La plupart d’entre elles portent à l’extérieur le poids du délit de leur proche et n’ont que peu de possibilités de se confier. Ce délit entraîne une double peine et beaucoup de souffrance souvent méconnue et ignorée. Nous constatons cependant que malgré cette souffrance, les familles affrontent parfois cette épreuve avec dignité et courage.

Comment ne pas faire preuve d’empathie à leur égard? Ne devrait-on pas élever notre niveau de réflexion?

Les jeunes adultes atteints de troubles psychiques et auteurs de délits sont des êtres humains, et non des monstres comme on voudrait parfois nous le faire croire. C’est la pathologie qui peut être monstrueuse.

Source Tribune de Genève