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Zimbabwe : Quand des mamies remplacent le psy

le 13 mai 2019

Face au manque de personnel qualifié, les grands-mères des "bancs de l’amitié" proposent une écoute et des conseils gratuits aux patients souffrant de dépression.

En shona, il n’existe pas de mot pour nommer la dépression. Alors, pour en parler, « on dit “kufungisisa”, qui signifie “penser trop” », indique Esilida, 73 ans, en attendant son prochain patient sur un banc en bois dans la clinique de Glen Norah, une banlieue pauvre de Harare, la capitale du Zimbabwe « Je leur explique comment faire pour prendre soin d’eux »,  déclare-t-elle d’une voix rocailleuse et essoufflée, en scrutant les allées et venues des visiteurs.

Sur son banc s’étalent toutes sortes de maux : la violence conjugale, le manque d’argent, la peur d’être rejetée à cause du sida, le chômage… « Si mon patient a plusieurs problèmes, nous les abordons ensemble, un par un, jusqu’à ce qu’on les résolve tous»  Esilida fait partie des premières grands-mères de son quartier à s’être investies dans le programme des Friendship Benches, littéralement « les bancs de l’amitié ». Ces vieilles dames, présentes dans la plupart des cliniques de Harare, proposent une écoute et des conseils gratuits, dans un pays qui ne compte que quatorze psychiatres.

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